Maman Solo : Les réactions de l’entourage

maman solo

L’une des choses que je redoutais (et que je redoute encore aujourd’hui) le plus est d’annoncer le fait que oui, je vais être maman. Par contre le papa sera absent…. Comment réagissent les autres quand on leur déclare « Je vais être une maman solo » ?

LA FAMILLE : 

Les réactions que j’ai craint le plus étaient celles de ma famille. Ma mère a été d’un énorme soutien dès le début. Pour mon père et mes sœurs, j’ai décidé d’attendre la fin du premier trimestre pour leur annoncer. J’ai quitté ma région natale il y a maintenant plus de 4 ans pour le travail. Je suis donc loin de mes parents. Une de mes sœurs vit également à l’autre bout de la France. Ce n’est pas toujours évident d’être éloignée de ses proches dans des moments comme ceux-ci.

Mes parents m’ont eu très tard, à 43 ans (à l’époque c’était super rare contrairement à maintenant !). De ce fait mes sœurs sont beaucoup plus âgées que moi. La première M. a 38 ans, mariée, 2 enfants de 8 et 11 ans. La deuxième C. a 36 ans est à fond dans sa carrière professionnelle depuis des années. Nous avons des caractères très différents. Elles sont toutes les deux « posées », à cheval sur les règles de savoir vivre, à prévoir leurs plannings des mois à l’avance. Moi j’ai toujours été la fofolle, à vouloir faire rigoler la galerie, à faire mes papiers au dernier moment, à réserver mes vacances seulement 15 jours avant le départ. J’ai toujours aimé vivre au jour le jour car la vie m’a bien appris par différents deuils que tout peut s’arrêter subitement du jour au lendemain.

Ma soeur M. était en essais bébé n°3 depuis 9 mois. Je savais que cela commençait à la peser de ne pas tomber enceinte… Comment annoncer à sa grande sœur (qu’on surnomme Bree Van de Kamp de par sa recherche absolue de la perfection) qu’on est tombée enceinte par accident alors que celle-ci essaye en vain depuis plusieurs mois ? Qui plus est en ajoutant qu’on va assumer l’enfant entièrement seule ? Je ressentais un horrible sentiment de culpabilité, comme une impression de lui « voler » quelque chose. Mais également une crainte de lui faire du mal, de la rendre encore plus malheureuse dans ses essais qui n’aboutissaient à rien.

Etant donné que nous sommes séparés par les kilomètres, j’ai décidé de leur annoncer ma grossesse dans notre conversation groupée à 3. Un long message résumant la situation et surtout une seule et unique demande : pas de jugement, pas de leçon de morale. Du soutien sinon rien. Les réponses ont tardé à venir. Je suis restée 10 minutes en ayant les yeux fixés sur « message lu » sans aucun retour… Je suppose qu’elles ont parlé entre elles pendant ce laps de temps. J’ai finalement reçu le soutien que j’attendais accompagné d’un petit « On aurait quand même préféré que cela arrive avec un homme qui t’aime vraiment, te respecte et soit présent pour toi et l’enfant ». A choisir, moi aussi !
J’ai quand même eu la liste des prénoms de M. à ne voler sous aucun prétexte. D’ailleurs celle-ci est tombée enceinte quelques semaines après. Je m’amuse maintenant à dire que ma grossesse l’a débloqué psychologiquement. Elle m’avait envoyé par colis ses livres de grossesse et magazines et est tombée enceinte quelques jours plus tard. Ma fille aura donc un/e petit/e cousin/e en février 2018. Nous avons prévu de tous nous retrouver l’été prochain pour une grande réunion de famille, ce qui n’est pas arrivé depuis 2013 ! 🙂

Pour mon papa, je lui ai passé directement un coup de fil. Il est très heureux d’être de nouveau grand-père. Au sujet du géniteur par contre la réaction a été toute autre. La réaction normale d’un père quand un homme fait du mal à sa fille. Je vous épargne les longs « Je vais faire la route et venir lui casser sa gu*ule, donne moi son adresse ! ». Merci papa <3.

LES AMIS :

Pour les amis, j’ai remarqué ces types de réactions différentes :

  • – Le soutien sans failles
    Venant des plus proches bien sûr, rien d’étonnant. Mais certaines personnes ont été d’un immense soutien alors que nous n’étions pas plus familier que ça à la base. Faire mes courses lorsque j’étais au plus mal et que je ne pouvais pas rester plus de 5 minutes debout sans faire de malaise, se proposer de m’aider pour mes taches ménagères ou tout simplement être à mon écoute lorsque j’en avais besoin. Et surtout ne pas avoir porté de jugement ne serait-ce qu’une seule fois. J’ai une immense gratitude pour ces personnes. Je sais que certaines passeront par ici, elles se reconnaîtront et je ne les remercierai jamais assez d’être là.
  • – Les ni plus ni moins
    Ils te félicitent sans une once de jugement ni plus, ni moins. Ils prennent régulièrement des nouvelles, comme avant. Merci à eux :).
  •  – « A ta place….bla bla bla »
    Au moment où l’on prononce « j’assume seule », on voit tout de suite le jugement dans le regard. Chez ce groupe de personnes les mêmes phrases sont ressorties. « A ta place j’aurais avorté », « tu vas être relié à ce con toute ta vie », « tu es sûre de ton choix ? », « Moi je ne pourrais pas »… Et autres réflexions du style… En résumé, ils donnent LEURS avis en étant persuadés que ce soit la meilleure solution possible. Une fois l’effet d’annonce passé, ils prennent plus ou moins régulièrement des nouvelles.
  • – Les portés disparus
    « Félicitations » au moment de l’annonce et puis silence radio total. Ils ne prendront plus jamais aucune nouvelle (ou alors juste pour te demander « ça y’est tu es grosse ? Tu as pris combien de kg ? »). Quelques tentatives de ma part pour relancer le contact, aller boire un café, un resto… La réponse est toujours la même « Pas trop le temps en ce moment mais je te tiens au courant ». Bien sûr ils te gardent quand même sur les réseaux sociaux histoire de satisfaire leur curiosité malsaine et te critiquer par derrière. Parmi elles, je côtoyais certaines personnes très régulièrement….
  • BONUS spécial maman solo
    Deux hommes m’ont proposé de reconnaître ma fille et de s’occuper de nous comme s’ils étaient les papas biologiques. Evidemment j’ai refusé ! Mais cette anecdote est plutôt « sarcastique » quand on sait que le véritable géniteur ne veut rien savoir de sa fille et espère juste une fausse couche…

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