Le deuil amoureux pendant une grossesse

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Nous vivons toutes lors de notre vie différentes expériences similaires. Le premier travail, le premier appartement, le premier amour, la première sortie en boite de nuit…. Des événements qui nous forgent. Parmi eux, il y a le deuil amoureux ou encore la grossesse. Malheureusement pour certaines femmes comme moi, nous devons faire face à ces deux épreuves en même temps. A un des moments les plus heureux de notre vie, nous devons aussi apprendre à oublier et faire le deuil d’une personne que nous aimions plus que tout. J’ai eu la chance de pouvoir terminer mon deuil amoureux avant la fin de ma grossesse et je tiens à partager avec vous les différentes étapes (propres à moi-même) que j’ai traversé au fil des semaines.


La chute :

Tout s’écroule autour de moi. Même si je m’attendais à ce qui allait arriver, j’ai du mal à réaliser. A ce moment là, on se pose cette question cliché « Pourquoi moi ? Pourquoi on ne peut pas être heureux à trois tout simplement ? ». J’ai dû relire les messages une bonne dizaine de fois pour réaliser. Parfois même essayer de lire entre les lignes pour trouver une signification ou un espoir qui ne viendrait jamais.

La tristesse :

Après quelques jours de chute, j’atterris bien lourdement au fond du puits. Je m’enferme chez moi, je refuse toute visite. Je réponds à peine aux messages me demandant de mes nouvelles. Certains proches ont sonné à ma porte, je n’ai même pas pris la peine de répondre. Je me réveille le matin ? Je pleure. La journée ? Je pleure. Le soir ? Je pleure. J’ai connu les insomnies de grossesse pendant cette période, alors évidemment les nuits étaient elles aussi chargées en émotions. On est seule dans son lit, on sent notre bébé bouger et à côté de nous une énorme place vide. Personne avec qui partager ces moments. On regarde encore et encore des photos…. En même temps, j’éprouvais un terrible sentiment de culpabilité vis à vis de mon bébé. Comment doit-elle se sentir dans mon ventre avec une maman aussi triste ?

L’acceptation et la reconstruction :

Petit à petit, en repensant au passé je réalise à quelle personne j’ai vraiment eu affaire. Je lis beaucoup de livre sur les différentes personnalités, la psychologie… J’assimile certains comportements, certaines réactions… Je réalise à quel points mes proches avaient raison, à quel point j’ai été manipulée pendant plusieurs mois. Le manque de la personne disparaît petit à petit. On efface les photos du téléphone (tout en les gardant dans un dossier sur le PC et en les imprimant pour ma fille plus tard). A quel moment ai-je réalisé que mon deuil était fait ? Lorsque j’ai pu penser à cette personne sans avoir un horrible pincement au cœur et les larmes aux yeux. Lorsque j’ai pu penser à cette personne en ne ressentant ni amour, ni haine profonde. Juste de l’indifférence. Lorsqu’au lieu d’espérer recevoir un message d’excuses, j’ai espéré ne plus jamais avoir de nouvelles. Pour terminer cette phase, j’ai écris une lettre adressée au géniteur de ma fille que je ne lui enverrai jamais. J’ai posé sur papier tous mes sentiments et ressentiments.


Aujourd’hui, je me sens totalement libérée de l’amour que j’avais pour cet homme. Et qu’est ce que cela fait du bien. C’est comme pouvoir respirer de nouveau. Il était important pour moi de ne ressentir aucune haine profonde à son égard car je ne veux surtout pas transmettre cela à ma fille. Elle saura toute la vérité sur son histoire, sur son géniteur. Lorsqu’elle sera assez grande, ce sera à elle seule de décider si elle veut essayer de le retrouver ou non. Et si elle le désire alors je ferai tout mon possible pour pouvoir l’aider.
Evidemment j’aurais préféré que cela se passe autrement. Evidemment j’aurais aimé avoir la famille « parfaite » moi aussi. Toute chose arrive pour une raison, l’important est d’avancer sans se retourner. Si je n’avais qu’un seul conseil à donner vis à vis de mon expérience, ce serait celui de ne pas contacter l’autre. Certains penseront que j’ai abandonné la bataille trop vite mais au final j’ai juste respecté son choix. Comme je le répète souvent « Il n’a pas pu m’obliger à avorter, je ne peux pas l’obliger à être père. ».

« Dans la vie, on a toujours le choix : aimer ou détester, assumer ou fuir, avouer ou mentir, être soi même ou faire semblant. » Nelson Mandela

 

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6 commentaires

  1. Très touchant ton article… La grossesse est déjà un gros chamboulement émotionnel (j’ai accouché il y a un mois et demi) alors se retrouver seul à ce moment là doit être difficile. Bravo à toi d’avoir fait face à cela! bises

    1. Merci pour ton commentaire 🙂 Ce n’est pas facile d’être seule, heureusement j’ai des proches exceptionnels qui m’ont énormément apporté !

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