Le choix de ma vie

le choix de ma vie

Le début de l’histoire : la découverte

Suite à ma découverte, je me réveille le mercredi matin toujours aussi mal. J’ai rêvé la nuit que j’avais un petit garçon dans les bras. Mon esprit est embrouillé, je commence à comprendre que si j’ai des doutes sur ma décision, c’est que quelque chose ne va pas. La journée se passe en dent de scie « et si je le gardais ? », « non tu ne peux pas assumer ça seule, « pense à cet enfant qui te posera des questions plus tard », « et financièrement je pourrais m’en sortir ? ». Mille et une questions font irruption dans mon cerveau. Je suis totalement inefficace au bureau. Je n’en ai parlé à personne à part deux amies proches. Aucun message du géniteur pour prendre de mes nouvelles… Je surfe sur le web, je lis des témoignages, je me renseigne sur le processus d’avortement. Quand je lis tout ça, je ne me vois pas du tout vivre ça….

Rendez-vous avec mon médecin le lendemain pour un bilan de mes analyses complètes. Mon taux TSH qui évalue le fonctionnement de ma thyroïde est en train d’exploser. Mon taux de folatémie est en dessous des normes. Il me prescrit de l’acide folique et me fait comprendre que ces résultats ont de forts risques d’entraîner une fausse couche. Je ressors déboussolée. Finalement je ne vais peut-être pas avoir de décision à prendre, la nature va faire les choses d’elle même…. Le soir, j’appelle ma mère en lui cachant les choses. Je lui parle de mes résultats, elle me raconte une anecdote sur une ancienne voisine qui a perdu un bébé à cause d’un taux de folatémie extrêmement bas. « Mais bon toi c’est pas très grave, c’est pas comme si tu étais enceinte ». J’éclate en sanglots et je lui avoue la vérité. Moi qui avait peur de sa réaction, ma maman a été d’un grand réconfort. Elle m’a assuré que quelque soit le choix que je ferai, elle serait là pour me soutenir.

Le vendredi je ressens le besoin de parler. Pas à mes amies, ni à ma mère mais à un professionnel. Je contacte un centre d’écoute. Le soir j’ai enfin des nouvelles du « géniteur » qui me demande si je suis allée avorter, comme si on allait simplement faire des courses. Je lui fais part de mes doutes. Je lui précise que je ne lui demande aucune implication, ni personnelle ni financière. Il me précise qu’il ne veut pas d’enfant, qu’il n’est pas prêt et trop jeune. Qu’il fera un enfant avec une femme dont il sera fou amoureux (une bonne douche froide pour moi en pleine face…). Il m’assure que je vais terminer en « cas social ».  Je vais me coucher épuisée, en pleurant et complètement stressée.

Samedi matin. Je me lève. Je ressens des grosses douleurs au ventre. Je vais aux toilettes et je m’aperçois que je perds du sang. Je sais qu’à ce stade il n y a rien à faire. Je suis persuadée de faire une fausse couche. Je préviens le géniteur. Encore une fois, je m’attendais à ce qu’il vienne me soutenir. Quand je lui précise 1h00 plus tard que cela ne s’arrête pas, j’ai même pensé qu’il allait se proposer de m’emmener aux urgences. NADA. Je commence à comprendre que quoiqu’il arrive, je n’aurais aucun soutien de sa part. Les saignements s’arrêtent vers midi d’un coup. Je prends rendez-vous chez ma gynécologue le jeudi suivant pour contrôler tout ça.

Le lundi je retourne faire une prise de sang HCG pour contrôler mon taux et vérifier si j’ai bien fait une fausse couche. Le taux a augmenté normalement. J’attends mon RDV de jeudi sans trop m’emballer, surtout que j’ai d’affreuses douleurs au ventre.

Le jeudi arrive. A ce fameux rendez-vous, on me diagnostique un oeuf clair. (Voir mon article spécialement dédié sur ce rendez-vous pour plus détails). Je ressors le cœur « vide ». J’essaye de me dire que « la nature fait bien les choses ». Je préviens le géniteur que tout est réglé. Le samedi je le contacte pour lui dire que je ne suis pas bien du tout moralement. J’aurais comme réponse « Regarde un film, occupe toi ». Le soir même une amie le verra dans les bras d’une autre fille en boite de nuit… Lorsque je demanderai des explications, il me répondra que mon comportement et mes doutes vis à vis d’un avortement l’ont déçu et qu’on ne se doit plus rien. Tout s’écroule autour de moi. Je passe ma semaine à pleurer, pleurer pour un homme dont je suis amoureuse et qui visiblement n’en a jamais eu rien à faire de moi. Pleurer pour un « bébé » qui n’a jamais existé. Je culpabilise. « Tu as douté, tu voulais avorter au départ ? Voilà le juste retour des choses, tu ne peux t’en prendre qu’à toi même ». Avec tous mes problèmes de santé, je me demande si j’arriverais un jour à mener une grossesse à terme ou même à retomber enceinte naturellement. Je fais la fille forte devant mes proches, je m’effondre quand je suis seule.

Au rendez-vous de contrôle une semaine plus tard, j’ai finalement entendu un battement de cœur. Dès ce moment, j’ai su que quoiqu’il pouvait arriver j’allais me battre pour cet enfant. Ma gynécologue me demande de rester au calme et sans stress. N’ayant aucune nouvelles du géniteur qui semble bien s’amuser dans sa vie, je décide de garder le secret jusqu’à l’échographie T1 et les résultats de la Trisomie 21 pour être certaine que tout aille bien. Je suis morte d’angoisse à l’idée qu’il puisse arriver quelque chose.

La suite : Le secret et la révélation

 

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