Devenir mère

Devenir mère

Voila enfin quelques minutes de répit qui me permettent d’écrire quelques mots. Des mots auxquels je pense beaucoup depuis plusieurs jours. Voilà un peu plus d’un mois que Mila est arrivée dans ce monde. Elle avait déjà bouleversé ma vie en venant par surprise dans mon ventre mais elle m’a complètement changé en poussant ses premiers cris.

J’ai été prise de doutes pendant toute ma grossesse. Bien que je n’ai jamais regretté la décision de suivre la route de la parentalité seule, certaines peurs étaient constamment dans ma tête. Et si jamais je n’y arrivais pas ? Et si je ne parvenais pas à lui apporter tout ce dont elle a besoin ? Comment lui expliquer l’absence de son père ? Les dernières semaines précédant l’accouchement, j’étais terrifiée à l’idée de ne pas avoir ce lien mère-enfant. Moi qui avait appris à ne pas montrer mes sentiments, à faire la fille forte devant tout le monde,  j’avais peur de ne pas aimer assez mon bébé. Je n’étais pas pressée d’accoucher contrairement à beaucoup de femmes enceintes. Peut-être une des raisons d’ailleurs qui a fait que j’ai dépassé mon terme ?

Et puis un matin de décembre, Mila est arrivée. Et ce fameux lien s’est crée instantanément. Dès que j’ai croisé son regard, j’ai compris que nous allions être liées pour la vie. Ce petit-être avait besoin de moi et tout à coup je me rendais compte que j’avais autant besoin d’elle. En une fraction de seconde elle est devenue mon essentiel.  On m’avait parlé de l’instinct maternel, je n’y avais jamais trop cru. Finalement il n y a pas assez de mots pour expliquer ce que l’on peut ressentir. Il faut le vivre tout simplement pour comprendre.

Bien sûr il y a des moments plus difficiles que d’autres. J’ai pleuré quelques fois les premiers jours. Je regardais ce petit bébé dans son berceau en culpabilisant de ne pas pouvoir lui offrir une vie de famille « stéréotypée ». Finalement j’ai réalise que nous avons la chance de vivre dans un pays libre avec toutes sortes de schémas familiaux, de diversité. Ma fille ne sera pas plus malheureuse sans papa qu’un enfant vivant avec un couple qui se déchire au quotidien.

Aujourd’hui je regarde vers l’avenir. Jour après jour je découvre ma fille. Chaque matin au réveil je souris en voyant sa petite tête à côté de la mienne. A chaque nouvelle journée, j’apprends à la connaitre un peu plus. A décrypter ses pleurs, ses besoins. Je suis prête à tous les sacrifices pour elle, sans réfléchir car cela est devenu tout naturellement normal à mes yeux. Il y’a quelques années je m’étais interdit de prononcer les mots « Je t’aime » de nouveau, à qui que ce soit. Maintenant je ne cesse de répéter à ma fille que je l’aime « fort fort fort ».

Je veux que Mila soit élevée avec des valeurs qui me sont chères. Le respect, la générosité, la tolérance, l’amitié, l’amour. Je veux lui faire découvrir la beauté de notre monde. Les différentes cultures qui rendent notre planète si riche. J’ai hâte de partir en voyage avec elle et de lui faire découvrir les quatre coins du monde. J’aimerais lui transmettre mes passions ; lire, écrire, voyager, apprendre au quotidien de nouvelles choses, ne jamais rester sur ses acquis. J’aimerais en faire une petite fille pleine d’énergie, autonome, qui croque la vie à pleine dents, qui vient en aide à ceux qui en ont besoin. J’aimerais l’éloigner de ce monde superficiel dans lequel vivent tant de personnes de nos jours.

Grâce à elle, j’ai découvert une nouvelle version de moi-même. Plus heureuse, plus épanouie. Je ne me prends plus la tête pour des choses futiles. Je profite de chaque minute, chaque seconde. J’ai comme l’impression d’apprécier enfin la valeur de la vie par des choses simples. Je n’aurais jamais pensé être aussi à l’aise dans ce rôle de mère. Tout est si naturel. Lors de la visite du pédiatre à la maternité, celui-ci m’a demandé combien de frères et sœurs Mila avait. Je lui ai répondu « Aucun ! C’est mon premier enfant ! ». Il a prit un air surpris et m’a rétorqué « C’est marrant, quand je vous vois avec j’aurais juré que vous en aviez déjà plusieurs ! ». J’essaye juste d’être le plus zen possible. Au quotidien, il n y a pas de planning chez nous. Je ne me fixe aucun objectif sur la journée. Si j’ai le temps tant mieux, si je ne l’ai pas tant pis, cela sera pour demain ! A part à la maternité, je n’ai jamais noté jamais les heures ni les durées des tétées ou ce genre de choses. Le mot d’ordre à la maison c’est Carpe Diem ! On vit au jour le jour et on profite de l’instant présent sans stress ni pression.

Grâce à ma fille je ne suis pas devenue seulement mère mais également une femme. Une longue route s’ouvre maintenant à nous. Il y’aura sans doutes quelques embûches mais le plus important c’est que l’on soit ensemble.

Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu – Jean D’Ormesson

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8 commentaires

  1. Très beau texte! Et tu as parfaitement raison: Mila aura tout pour être heureuse en ayant une maman aimante, ce que tu es j’en suis sûre!
    Maintenant que ma fille est née, je me rends encore plus compte à quel point tu es courageuse de vivre la maternité seule. Parce qu’au début, ce n’est vraiment pas toujours facile! Tu as toute mon admiration 😘😘😘

  2. Je viens de découvrir ton blog et je me suis tout de suite reconnue dans ton histoire. Cela fait du bien de savoir qu’on est pas seule à vivre à cette situation mais surtout que cette décision de poursuivre la grossesse seule n’était pas une idée farfelue et folle!

    Les premiers temps sont durs voir insurmontables mais tu verras avec le temps tu trouveras un bel équilibre avec ta petite puce.

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