L’allaitement et moi

L'allaitement et moi

L’allaitement et moi… Un sujet tant controversé… Les pro-allaitements qui considèrent le biberon comme un diable absolu… Les pro-biberons qui se sentent persécutées… On en arrive à ne plus oser parler de ce que nous avons choisi pour notre bébé et pour nous (Oui car cela ne concerne pas que bébé cette histoire). J’ai toujours voulu éviter ce sujet, de peur d’être mal comprise, de rentrer dans des embrouilles non désirées ou ce genre de chose. Parce que soyons clairs dès le début, quoique l’on fasse il s’agit d’un choix personnel qui se doit d’être respecté ! Allaitement  (exclusif ou mixte) ou biberon, le meilleur choix c’est celui où vous vous sentez le mieux ! Celui qui fait de vous un parent le plus apaisé possible et donc un bébé aussi ! Aujourd’hui je vais vous parler de mon choix, mon vécu et mon ressenti à Moi. Je me tais depuis plusieurs semaines car en ayant parlé en privé je me suis pris quelques réflexions qui m’ont franchement saoulé ! Et au final après un post Instagram je réalise que nous sommes beaucoup dans mon cas mais nous restons dans le silence de peur de s’en prendre plein la tête ! Oui j’aime allaiter mon bébé mais non je ne suis pas émerveillée de plein fouet par cet acte ! Et oui parfois allaiter ça me gave ! Retour sur ma longue route de l’allaitement semée d’embûches….

Du temps où je voulais des enfants (parce que quand Mila a décidé de venir s’installer dans mon ventre j’étais plutôt dans une période où finalement les enfants c’était pas du tout moi…) je disais toujours que je n’allaiterais JAMAIS ! Puis une fois enceinte; l’idée de nourrir mon bébé s’est fait instinctivement. Je tenais à allaiter mais je ne voulais pas non plus souffrir et galérer pendant des semaines comme certaines ! Je me suis donc fixée un objectif : tenir jusqu’à la montée de lait et au moins une dizaine de jours. Si cela ne marchait pas, j’arrêterais et Mila passerait au biberon.

 

Les débuts compliqués

En salle de naissance tout avait très bien commencé. Nous avons fait la tétée de bienvenue environ 30 minutes après que Mila soit née et le colostrum coulait sans problème ! De retour en chambre, bébé a commencé à être embêtée par des glaires alors qu’elle avait déjà été aspirée deux fois à la naissance ! Etant donné que son estomac était plein, elle n’ouvrait même pas la bouche lorsque je lui présentais le sein et se rendormait directement. Même comportement le lendemain. Beaucoup de reflux et un refus du sein. Elle commençait même à hurler dès que je lui proposais ! L’infirmière retourne l’aspirer une troisième mois pour essayer de la soulager. Aucun changement ! Le troisième jour son poids baisse un peu trop selon l’équipe médicale. Elle commence à téter deux secondes puis se stoppe en hurlant. Les puéricultrices, auxiliaires et sages-femmes défilent dans ma chambre. On fait venir le pédiatre dans ma chambre pour vérifier un éventuel frein de langue. Nada ! Personne ne comprend pourquoi elle pleure systématiquement dès qu’elle est au sein.
On essaye toutes les positions possibles. Je dois normalement sortir le lendemain mais on me propose de rester le temps de mettre tout en place. En fin de journée on m’apporte un biberon et on me fait comprendre qu’elle doit manger. Je lui donne donc son premier biberon et je stoppe régulièrement pour lui présenter le sein entre temps. Elle tète sans problème le biberon, la sucette et même mon petit doigts mais le mamelon IMPOSSIBLE ! On m’amène un tire-lait pour stimuler au maximum mes seins et accélérer la montée de lait. Car oui j’avais du colostrum au début mais étant donné que Mila refusait de téter je me retrouvais à sec ! Je tire donc toutes les deux heures pendant une demi-heure sur chaque sein (même la nuit…). Je veux réussir mon allaitement je ne lâcherai rien ! J’ai la chance d’être dans une maternité pro-allaitement avec une équipe formée en conseils de lactation alors j’en profite au max (Je suis restée 2 jours supplémentaires).
C’est finalement la puéricultrice en chef du service qui va trouver la solution. Elle apporte une pipette d’eau sucrée, en mets une goutte sur mon téton et approche Mila du sein dans la position du rugbyman. En deux secondes elle choppe le sein et tète enfin ! Les deux jours suivants, tétées et biberons se sont alternés jusqu’à ma montée de lait. Comme quoi on peut tout à fait commencer son allaitement en alternant avec un biberon !

Le retour à la maison

Le retour à la maison s’est plutôt bien passé. L’allaitement était cependant épuisant. Mila demandait le sein toutes les 1h30 et les tétées duraient au minimum 30 minutes jusqu’à 1h ! En résumé elle était collée à moi H24.  Une véritable gourmande qui en venait à s’étouffer tellement elle se jetait sur le sein (ça c’est ce que je croyais au début…). Pendant 10 jours elle a quand même refusé de téter dans une autre position que celle du rugbyman… Position pas forcement agréable à 4h du matin….

Mon Ref (Reflexe d’éjection fort)

Très vite à force de ces simulations mes seins ont répondu à la demande. La production de lait a augmenté. Considérablement. Je me retrouvais avec d’énormes fuites (Réveil avec le lit trempé, t-shirts et chemises à changer toutes les heures…). Si Mila s’étouffait pendant les tétées c’est tout simplement parce que le lait sortait en jets, trop vite et trop fort ! Parfois rien qu’en touchant mon sein, le lait peut sortir en continu sur 2 jets différents pendant au moins 2 minutes… Bébé prend donc trop de lait de début de tétée, fort en lactose. Résultat : elle revient souvent au sein pour se rassasier de nouveau mais est également victime de coliques et de selles explosives. J’ai essayé de contrôler au mieux le problème. Tirer le lait de debut de tétée, vider le sein au maximum (2 ou 3 tétées d’affilées sur le même), être le plus possible en position allongée pour contrer le jet. Aujourd’hui mon ref est malheureusement toujours présent…

Ce fameux biberon

Lorsque j’ai demandé des conseils pour ce problème de ref on m’a tout de suite répondu « Ne lui donne surtout pas de biberon, après elle ne voudra plus de ton sein ! Surtout pas le biberon tu vas faire empirer la situation ! ». Et puis un jour au bord de l’épuisement après une journée comptant une vingtaine de tétées je n’avais plus envie de donner le sein !  Alors j’ai préparé le biberon diabolique ! Résultat, j’ai eu un bébé apaisé et j’ai pu me reposer. Depuis je n’hésite plus. Quand je suis épuisée, quand Mila s’énerve au sein pendant des heures, quand le ref est incontrôlable ou que je n’ai tout simplement pas envie : je prépare un biberon. De mon lait lorsque j’en ai en stock ou de lait artificiel. Et non je ne me sens pas coupable ! Et non je ne suis pas jalouse du biberon ! Je suis sereine ! J’ai tout de même la chance d’avoir un bébé qui ne fait aucune confusion entre sein/biberon, je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Mon ressenti

J’aime allaiter Mila. Je suis fière de le faire et de tenir depuis 2 mois. Je suis fière de n’avoir rien lâché à la maternité. Par contre j’ai envie de dire stop à cette image de la femme épanouie et apaisée par son allaitement. Parce que ce n’est pas une généralité ! Moi l’allaitement parfois ça me gave au plus haut point et j’ai juste envie de tout stopper ! Lorsque ma fille s’énerve sur le sein, qu’elle s’étouffe à cause du ref, qu’elle veut téter pendant des heures alors que j’ai mille choses à faire ou tout simplement lorsque je suis au bout du rouleau. Encore à l’heure d’aujourd’hui certaines tétées sont un véritable enfer. Mila hurle et se jette en arrière, me griffe allègrement la poitrine, pleure avec le mamelon dans la bouche…. Et le pire c’est que même si on atteint parfois les 17 tétées par jour, elle stagne niveau poids… A cause de ses selles explosives et de son RGO (Oui on ajoute un RGO pour la petite cerise sur le gâteau)… Dans ces moments là, je préfère donner le biberon plutôt que de donner une tétée à contrecœur.  Mais je ne veux pas arrêter l’allaitement pour autant ! Parce que les réponses du style « Si c’est pour faire ça arrête tout court » je n’en veux pas. Au contraire si je fais ça c’est pour justement tenir dans la durée. Biberon ou allaitement nos enfants ont besoin d’une maman en pleine forme !

 

N’hésitez pas à partager vos expériences et ressentis en commentaires (ici pas de tabou). J’en profite pour vous rappeler que vous pouvez aussi me suivre sur Instagram où je donne régulièrement des nouvelles de Mila et moi.

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