Le Premier Trimestre : l’enfer sur Terre

On m’avait dit que le premier trimestre était le plus difficile. Mais je n’étais pas du tout préparée à ce que j’ai pu vivre.

Le premier symptôme auquel j’ai fait face a été une fatigue intense. Je dormais littéralement tout le temps. Moi qui d’habitude avait toujours eu du mal à m’endormir le soir, je tombais comme une loque à 21h30 pour me réveiller le lendemain à 9h00.  Je devais ensuite refaire une sieste de 10h30 à 11h45. L’après-midi, je retombais dans les bras de Morphée de 13h30 à 16h00… Je pouvais lutter tant bien que mal pour rester éveillée, c’était impossible. Dans mon « malheur » avec mes problèmes de thyroïde (qui n’arrangeait pas les choses non plus), mon médecin m’avait prescrit un arrêt maladie.  Mais cette fatigue, avec le recul, n’était rien comparé à ce qui m’attendait pour la suite….

J’ai ressenti mes premières nausées vers les 7SA. Rien de bien méchant au début… Et puis, plus les jours ont passé, plus elles s’intensifiaient. Rapidement, j’ai remarqué que le sucré parvenait à les atténuer. Une fraise tagada par ci, un dragibus par là et c’était terminé pour environ 1h00.

Vers les 9SA, j’ai repris le boulot, pour une semaine avant mes congés. C’est à ce moment là que le véritable enfer a commencé. Les vomissements ont fait leur apparition. Une fois au moment du réveil d’abord. Puis une autre fois dans la matinée. Puis une autre fois dans l’après-midi.  Je me retrouve en vacances, j’annule mes projets, impossible de bouger de chez moi. Je vomis à longueur de journée. Ma gynéco me prescrit un anti vomitif. Aucun effet. On essaye l’homéopathie. Aucun effet. Je commence à perdre du poids. Elle me propose une première fois l’hospitalisation. Je refuse.

J’essaye de retourner travailler après mes vacances. J’ai tenu deux jours. Je devais conduire avec un sac plastique sur le siège passager et m’arrêter plusieurs fois pour vomir dedans. Je commence même à vomir la nuit en plus de la journée. Ma gynéco décide de m’arrêter et me propose une nouvelle fois un séjour à l’hôpital que je refuse de nouveau.

Je suis exténuée, les seules choses que j’arrive à garder sont des biscottes et des nouilles chinoises. Je vomis jour et nuit, dans les toilettes, dans mon seau à coté de mon lit et même quelques fois par terre chez moi… Je n’ai plus aucune force, je fais des malaises dès que je suis debout plus de 5 minutes. Je commence à avoir des migraines insupportables. Je passe mes journées dans mon lit, dans le noir complet sans aucun bruit. Mes vomissements et mes spasmes me déclenchent des crises d’asthme. Comme je n’ai quasiment rien à rejeter, je vomis de la bile acide et de la mousse blanche. Je me retrouve plusieurs fois en pleine nuit assise dans mes toilettes en train de pleurer et à me demander si j’ai vraiment bien fait de continuer cette grossesse. Et je culpabilise quelques secondes plus tard d’avoir des pensées comme ça.

Une des choses les plus difficile en plus du fait d’être autant malade est sans doute la réaction de l’entourage. Personne (sauf quelques exceptions) ne comprend. On te sort « bah oui c’est normal d’avoir des nausées quand on est enceinte » des « tu es sûre que c’est pas dans ta tête ? » ou encore des « Tu n’exagères pas un peu ? ». Evidemment, ça m’amuse tellement d’être au lit toute la journée et de vomir mes tripes.  J’ai également eu le droit au « Oh ça va c’est que les trois premiers mois », chose qui s’est avérée fausse pour moi étant donné que ma situation s’est améliorée seulement vers les 19SA.

Vomir m’a tellement traumatisé que les autres tracas du premier trimestre sont devenus insignifiants pour moi. Parmi eux, j’ai connu les saignements de nez assez fréquents, les saignements de gencives et une grosse poussée de boutons (acné et de fièvre…glamour…).

Côté médical, un suivi accru à cause de mes problèmes de thyroïde. Un faux diagnostique d’œuf clair. Une injection intramusculaire d’antibiotiques en urgence suite à une infection qui m’a fait passer dans le service « Grossesse à Risques. En résumé je voyais ma gynécologues toutes les 15 jours et mon médecin traitant toute les semaines. Une angoisse constante en imaginant le pire.

Je garderai vraiment un mauvais souvenir de ce premier trimestre qui a été un enfer. La seule chose positive qui me restera en tête sera l’échographie des 12SA avec l’annonce du sexe. Une petite fille 🙂

Et vous, comment avez-vous vécu ce premier trimestre ? 

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Mon faux diagnostic d’œuf clair

« Le diagnostic d’œuf clair est fait lors de l’échographie. En effet, dès le début de la grossesse, on peut détecter grâce à l’échographie la présence de l’embryon dans l’oeuf, ainsi que l’activité cardiaque de l’embryon qui atteste que celui-ci est bien vivant.

Dans le cas d’un œuf clair on ne verra qu’on œuf vide, sans rien dedans. La grossesse s’est arrêtée, l’embryon encore tout petit a cessé de se développer. L’expression « œuf clair » fait référence à l’image qu’on voit à l’échographie et qui est donc celle d’un œuf vide. »

Source : Aufeminin.com

J’ai eu ma première visite avec ma gynécologue aux 6SA soit 4 semaines de grossesse. Lorsque celle ci m’a fait la première échographie, j’ai très vite compris ce qu’il se passait à l’écran. J’ai vu une poche. Une poche et c’est tout. Littéralement vide. Après quelques instants de silence, le verdict tombe « Il n y a pas d’embryon ni de vésicule ». Selon elle à ce stade et étant donné la taille de la poche 19,1mm, on devrait voir quelque chose. « Je ne vais pas vous dire que cela est peut-être un peu tôt, je suis sure à 99% que c’est un œuf clair. La grossesse s’est arrêtée extrêmement tôt ».

Etant donné mon age, elle préfère attendre une semaine avant de me prescrire des médicaments pour expulser la poche afin que cela se fasse naturellement. Elle me redonne un rendez-vous 7 jours plus tard pour un contrôle.

Une semaine horriblement longue passe. On attend sans trop savoir ce qu’il va se passer. Est-ce que cela va faire mal ? Est-ce que je vais sentir la poche passer ? Et surtout QUAND cela va t-il arriver ?! Je suis restée cloîtrée chez moi, de peur de me retrouver pleine de sang avec une poche dans la culotte dans un lieu public. J’ai essayé de faire le ménage à fond, de prendre des bains brûlants pour déclencher la chose et éviter les médicaments… Et rien ne se passait… Je me sentais de plus en plus faible, avec de rares nausées. Côté mental, c’était un désastre complet, j’y reviens plus longuement dans mon article : Le choix.

Au deuxième rendez-vous, j’arrive plutôt déterminée chez ma gynécologue. Je me suis un peu renseignée sur les médicaments et je ne suis pas du tout emballée. Je lui demande directement de me prescrire un curetage à l’hôpital sous anesthésie générale. Elle n’est pas trop emballée par mon idée, essaye de me dissuader mais je ne cède pas. « Bon, on va déjà refaire une écho pour contrôler la taille de la poche »…

Sur la table, je ne regarde pas l’écran mais que le plafond. Je ne l’entends pas broncher, elle se lève et retourne à son bureau en me disant « Je vais voir les images qu’on avait la semaine dernière ». Je tourne la tête pour me tenter à regarder l’écran. Je vois toujours la poche, mais cette fois-ci il y a un minuscule « point » à l’intérieur. Je me dis qu’il s’agit surement d’un truc normal dans le processus de l’œuf clair. La gynéco revient et me crie littéralement dessus « On a un embryon et une vésicule !!! ». Elle appuie sur un de ses boutons et des battements de cœur résonnent dans la salle.

Les montagnes russes des émotions. Moi qui arrive toujours à retenir mes sentiments devant les gens, je fonds en larme sur la table d’examens. En entendant ces battements de cœur, c’est le mien qui vient juste de faire un BOUM. La gynéco elle même est dans tous ses états. Elle ne cesse de me répéter « Je ne comprends pas… C’est la première fois que ça m’arrive… Une poche vide est considérée comme œuf clair à 18mm et la votre était à 19,1mm… Je suis désolée… Vous m’en voulez ? Je suis sincèrement désolée ».

Elle préfère tout de même rester sur ses réserves et me demande de revenir pour un contrôle 2 semaines plus tard. Contrôle où tout sera normal.

A ce jour, il n y a aucune explication sur ce faux diagnostic. Je n’en veux pas du tout à ma gynécologue, car comme elle, j’avais bien vu une poche vide lors du premier rendez vous.

Je ne suis pas croyante, je ne crois en aucun Dieu. Mais je crois aux signes. Et avec le recul, je crois que cette expérience m’a conforté à 1000% sur le fait que OUI, JE VOULAIS CE BÉBÉ.

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Lundi 27 mars 2017 : La découverte

En me réveillant ce matin là, j’étais loin de m’imaginer que cette journée allait changer le reste de ma vie.

Certaines femmes font des tests de grossesse avant même un seul jour de retard de règle. Moi j’attends mes règles depuis 5 jours et je ne suis pas du tout stressée. Je n’ai pas eu de rapports dans une période à risque et ne désire pas avoir d’enfants. Je suis malade depuis environ 1 mois et demi. 10 jours avant, j’ai été hospitalisée en urgences. Pendant cette mini hospitalisation, après un bilan sanguin complet on m’avait vérifié les hormones HCG et même inscrit dans mon dossier médical « pas enceinte ». Après cette aventure aux urgences, on me découvre quelques jours plus tard un problème à la thyroïde. En attendant des examens complémentaires, je comprends que mon corps est en train de partir en vrille et fonctionne en vitesse accéléré. Parmi les différentes conséquences, mes cycles vont se dérégler, mes ovulations peuvent se bloquer etc… Bref, je ne m’inquiète donc pas du tout pour ce retard de règle…

Alors que je suis au boulot, je reçois un mail pour m’informer de la réception d’analyses d’urines. Comme mes derniers résultats, les taux ne sont pas dans la norme. Je regarde vite fait la signification sur internet, parmi les différentes causes je lis le mot « grossesse ». Je ne m’attarde pas dessus. Je parle par message avec amie. Elle me conseille de faire un test histoire de rayer cette option de ma liste. Je lui réponds que ça ne sert à rien de dépenser 10euros dans un test alors que c’est impossible que je sois enceinte. Une heure passe… Vers 16h00, je me prends un électrochoc dans ma tête. Je quitte le bureau quelques minutes pour courir à la pharmacie à quelques pas. Je reviens avec deux tests (dixit la fille qui ne voulait pas en acheter un seul une heure avant).

Je suis seule dans les locaux, je vais aux toilettes toujours sans aucun stress. Je déballe l’engin, je fais ce que j’ai à faire. Une deuxième barre apparaît directement sans attendre la minute nécessaire. Je relis le mode d’emploi. C’est positif. Merde alors. Grosse bouffée de chaleur. Le cœur s’accélère à 1000 BPM. Les larmes coulent sans que je comprenne. Impossible, ça doit être un faux positif. Je ne l’ai pas fait le matin comme conseillé par la pharmacienne. En plus je n’ai aucun symptôme à part des douleurs de règles justement. On essaye de se calmer…. On va faire le deuxième test le lendemain MATIN comme cela est bien stipulé dans la notice.

La nuit passe, évidemment je ne dors pas… A 5h00 du matin je ne tiens plus, je vais faire le test. Même verdict que la veille, la barre est même encore plus foncé… C’est quoi ce bordel ?! A 7h30 je fonce au labo, j’avais des nouvelles analyses à faire pour ma thyroïde. Je demande à ce que l’on me rajoute les hormones HCG en plus.

Les résultats arrivent en début d’après-midi. Le verdict est confirmé. Je cherche à comprendre. Comment cela a t-il pu arriver ? Double ovulation ? Je ne vois que cela comme réponse encore à l’heure actuelle car j’avais bien ovulé 1 semaine avant le rapport qui a conduit à la conception.

Je préviens le « géniteur » le soir en quittant du travail. Nous sommes tous les deux en accord sur la situation : cette grossesse doit être arrêtée. Je suis chamboulée et en pleurs, lui prend ça plutôt à la rigolade s’estimant heureux de savoir qu’il est « fertile ». Je me sens incomprise, seule, en détresse totale. J’attends qu’il se propose de venir me soutenir en vain.

Je me couche le soir complètement perdue et seule. Après avoir passée une partie de la nuit à pleurer, je m’endors épuisée par cette situation et le cœur lourd…

La suite : Le Choix de ma Vie

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