L’allaitement et moi

L'allaitement et moi

L’allaitement et moi… Un sujet tant controversé… Les pro-allaitements qui considèrent le biberon comme un diable absolu… Les pro-biberons qui se sentent persécutées… On en arrive à ne plus oser parler de ce que nous avons choisi pour notre bébé et pour nous (Oui car cela ne concerne pas que bébé cette histoire). J’ai toujours voulu éviter ce sujet, de peur d’être mal comprise, de rentrer dans des embrouilles non désirées ou ce genre de chose. Parce que soyons clairs dès le début, quoique l’on fasse il s’agit d’un choix personnel qui se doit d’être respecté ! Allaitement  (exclusif ou mixte) ou biberon, le meilleur choix c’est celui où vous vous sentez le mieux ! Celui qui fait de vous un parent le plus apaisé possible et donc un bébé aussi ! Aujourd’hui je vais vous parler de mon choix, mon vécu et mon ressenti à Moi. Je me tais depuis plusieurs semaines car en ayant parlé en privé je me suis pris quelques réflexions qui m’ont franchement saoulé ! Et au final après un post Instagram je réalise que nous sommes beaucoup dans mon cas mais nous restons dans le silence de peur de s’en prendre plein la tête ! Oui j’aime allaiter mon bébé mais non je ne suis pas émerveillée de plein fouet par cet acte ! Et oui parfois allaiter ça me gave ! Retour sur ma longue route de l’allaitement semée d’embûches….

Du temps où je voulais des enfants (parce que quand Mila a décidé de venir s’installer dans mon ventre j’étais plutôt dans une période où finalement les enfants c’était pas du tout moi…) je disais toujours que je n’allaiterais JAMAIS ! Puis une fois enceinte; l’idée de nourrir mon bébé s’est fait instinctivement. Je tenais à allaiter mais je ne voulais pas non plus souffrir et galérer pendant des semaines comme certaines ! Je me suis donc fixée un objectif : tenir jusqu’à la montée de lait et au moins une dizaine de jours. Si cela ne marchait pas, j’arrêterais et Mila passerait au biberon.

 

Les débuts compliqués

En salle de naissance tout avait très bien commencé. Nous avons fait la tétée de bienvenue environ 30 minutes après que Mila soit née et le colostrum coulait sans problème ! De retour en chambre, bébé a commencé à être embêtée par des glaires alors qu’elle avait déjà été aspirée deux fois à la naissance ! Etant donné que son estomac était plein, elle n’ouvrait même pas la bouche lorsque je lui présentais le sein et se rendormait directement. Même comportement le lendemain. Beaucoup de reflux et un refus du sein. Elle commençait même à hurler dès que je lui proposais ! L’infirmière retourne l’aspirer une troisième mois pour essayer de la soulager. Aucun changement ! Le troisième jour son poids baisse un peu trop selon l’équipe médicale. Elle commence à téter deux secondes puis se stoppe en hurlant. Les puéricultrices, auxiliaires et sages-femmes défilent dans ma chambre. On fait venir le pédiatre dans ma chambre pour vérifier un éventuel frein de langue. Nada ! Personne ne comprend pourquoi elle pleure systématiquement dès qu’elle est au sein.
On essaye toutes les positions possibles. Je dois normalement sortir le lendemain mais on me propose de rester le temps de mettre tout en place. En fin de journée on m’apporte un biberon et on me fait comprendre qu’elle doit manger. Je lui donne donc son premier biberon et je stoppe régulièrement pour lui présenter le sein entre temps. Elle tète sans problème le biberon, la sucette et même mon petit doigts mais le mamelon IMPOSSIBLE ! On m’amène un tire-lait pour stimuler au maximum mes seins et accélérer la montée de lait. Car oui j’avais du colostrum au début mais étant donné que Mila refusait de téter je me retrouvais à sec ! Je tire donc toutes les deux heures pendant une demi-heure sur chaque sein (même la nuit…). Je veux réussir mon allaitement je ne lâcherai rien ! J’ai la chance d’être dans une maternité pro-allaitement avec une équipe formée en conseils de lactation alors j’en profite au max (Je suis restée 2 jours supplémentaires).
C’est finalement la puéricultrice en chef du service qui va trouver la solution. Elle apporte une pipette d’eau sucrée, en mets une goutte sur mon téton et approche Mila du sein dans la position du rugbyman. En deux secondes elle choppe le sein et tète enfin ! Les deux jours suivants, tétées et biberons se sont alternés jusqu’à ma montée de lait. Comme quoi on peut tout à fait commencer son allaitement en alternant avec un biberon !

Le retour à la maison

Le retour à la maison s’est plutôt bien passé. L’allaitement était cependant épuisant. Mila demandait le sein toutes les 1h30 et les tétées duraient au minimum 30 minutes jusqu’à 1h ! En résumé elle était collée à moi H24.  Une véritable gourmande qui en venait à s’étouffer tellement elle se jetait sur le sein (ça c’est ce que je croyais au début…). Pendant 10 jours elle a quand même refusé de téter dans une autre position que celle du rugbyman… Position pas forcement agréable à 4h du matin….

Mon Ref (Reflexe d’éjection fort)

Très vite à force de ces simulations mes seins ont répondu à la demande. La production de lait a augmenté. Considérablement. Je me retrouvais avec d’énormes fuites (Réveil avec le lit trempé, t-shirts et chemises à changer toutes les heures…). Si Mila s’étouffait pendant les tétées c’est tout simplement parce que le lait sortait en jets, trop vite et trop fort ! Parfois rien qu’en touchant mon sein, le lait peut sortir en continu sur 2 jets différents pendant au moins 2 minutes… Bébé prend donc trop de lait de début de tétée, fort en lactose. Résultat : elle revient souvent au sein pour se rassasier de nouveau mais est également victime de coliques et de selles explosives. J’ai essayé de contrôler au mieux le problème. Tirer le lait de debut de tétée, vider le sein au maximum (2 ou 3 tétées d’affilées sur le même), être le plus possible en position allongée pour contrer le jet. Aujourd’hui mon ref est malheureusement toujours présent…

Ce fameux biberon

Lorsque j’ai demandé des conseils pour ce problème de ref on m’a tout de suite répondu « Ne lui donne surtout pas de biberon, après elle ne voudra plus de ton sein ! Surtout pas le biberon tu vas faire empirer la situation ! ». Et puis un jour au bord de l’épuisement après une journée comptant une vingtaine de tétées je n’avais plus envie de donner le sein !  Alors j’ai préparé le biberon diabolique ! Résultat, j’ai eu un bébé apaisé et j’ai pu me reposer. Depuis je n’hésite plus. Quand je suis épuisée, quand Mila s’énerve au sein pendant des heures, quand le ref est incontrôlable ou que je n’ai tout simplement pas envie : je prépare un biberon. De mon lait lorsque j’en ai en stock ou de lait artificiel. Et non je ne me sens pas coupable ! Et non je ne suis pas jalouse du biberon ! Je suis sereine ! J’ai tout de même la chance d’avoir un bébé qui ne fait aucune confusion entre sein/biberon, je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Mon ressenti

J’aime allaiter Mila. Je suis fière de le faire et de tenir depuis 2 mois. Je suis fière de n’avoir rien lâché à la maternité. Par contre j’ai envie de dire stop à cette image de la femme épanouie et apaisée par son allaitement. Parce que ce n’est pas une généralité ! Moi l’allaitement parfois ça me gave au plus haut point et j’ai juste envie de tout stopper ! Lorsque ma fille s’énerve sur le sein, qu’elle s’étouffe à cause du ref, qu’elle veut téter pendant des heures alors que j’ai mille choses à faire ou tout simplement lorsque je suis au bout du rouleau. Encore à l’heure d’aujourd’hui certaines tétées sont un véritable enfer. Mila hurle et se jette en arrière, me griffe allègrement la poitrine, pleure avec le mamelon dans la bouche…. Et le pire c’est que même si on atteint parfois les 17 tétées par jour, elle stagne niveau poids… A cause de ses selles explosives et de son RGO (Oui on ajoute un RGO pour la petite cerise sur le gâteau)… Dans ces moments là, je préfère donner le biberon plutôt que de donner une tétée à contrecœur.  Mais je ne veux pas arrêter l’allaitement pour autant ! Parce que les réponses du style « Si c’est pour faire ça arrête tout court » je n’en veux pas. Au contraire si je fais ça c’est pour justement tenir dans la durée. Biberon ou allaitement nos enfants ont besoin d’une maman en pleine forme !

 

N’hésitez pas à partager vos expériences et ressentis en commentaires (ici pas de tabou). J’en profite pour vous rappeler que vous pouvez aussi me suivre sur Instagram où je donne régulièrement des nouvelles de Mila et moi.

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Devenir mère

Devenir mère

Voila enfin quelques minutes de répit qui me permettent d’écrire quelques mots. Des mots auxquels je pense beaucoup depuis plusieurs jours. Voilà un peu plus d’un mois que Mila est arrivée dans ce monde. Elle avait déjà bouleversé ma vie en venant par surprise dans mon ventre mais elle m’a complètement changé en poussant ses premiers cris.

J’ai été prise de doutes pendant toute ma grossesse. Bien que je n’ai jamais regretté la décision de suivre la route de la parentalité seule, certaines peurs étaient constamment dans ma tête. Et si jamais je n’y arrivais pas ? Et si je ne parvenais pas à lui apporter tout ce dont elle a besoin ? Comment lui expliquer l’absence de son père ? Les dernières semaines précédant l’accouchement, j’étais terrifiée à l’idée de ne pas avoir ce lien mère-enfant. Moi qui avait appris à ne pas montrer mes sentiments, à faire la fille forte devant tout le monde,  j’avais peur de ne pas aimer assez mon bébé. Je n’étais pas pressée d’accoucher contrairement à beaucoup de femmes enceintes. Peut-être une des raisons d’ailleurs qui a fait que j’ai dépassé mon terme ?

Et puis un matin de décembre, Mila est arrivée. Et ce fameux lien s’est crée instantanément. Dès que j’ai croisé son regard, j’ai compris que nous allions être liées pour la vie. Ce petit-être avait besoin de moi et tout à coup je me rendais compte que j’avais autant besoin d’elle. En une fraction de seconde elle est devenue mon essentiel.  On m’avait parlé de l’instinct maternel, je n’y avais jamais trop cru. Finalement il n y a pas assez de mots pour expliquer ce que l’on peut ressentir. Il faut le vivre tout simplement pour comprendre.

Bien sûr il y a des moments plus difficiles que d’autres. J’ai pleuré quelques fois les premiers jours. Je regardais ce petit bébé dans son berceau en culpabilisant de ne pas pouvoir lui offrir une vie de famille « stéréotypée ». Finalement j’ai réalise que nous avons la chance de vivre dans un pays libre avec toutes sortes de schémas familiaux, de diversité. Ma fille ne sera pas plus malheureuse sans papa qu’un enfant vivant avec un couple qui se déchire au quotidien.

Aujourd’hui je regarde vers l’avenir. Jour après jour je découvre ma fille. Chaque matin au réveil je souris en voyant sa petite tête à côté de la mienne. A chaque nouvelle journée, j’apprends à la connaitre un peu plus. A décrypter ses pleurs, ses besoins. Je suis prête à tous les sacrifices pour elle, sans réfléchir car cela est devenu tout naturellement normal à mes yeux. Il y’a quelques années je m’étais interdit de prononcer les mots « Je t’aime » de nouveau, à qui que ce soit. Maintenant je ne cesse de répéter à ma fille que je l’aime « fort fort fort ».

Je veux que Mila soit élevée avec des valeurs qui me sont chères. Le respect, la générosité, la tolérance, l’amitié, l’amour. Je veux lui faire découvrir la beauté de notre monde. Les différentes cultures qui rendent notre planète si riche. J’ai hâte de partir en voyage avec elle et de lui faire découvrir les quatre coins du monde. J’aimerais lui transmettre mes passions ; lire, écrire, voyager, apprendre au quotidien de nouvelles choses, ne jamais rester sur ses acquis. J’aimerais en faire une petite fille pleine d’énergie, autonome, qui croque la vie à pleine dents, qui vient en aide à ceux qui en ont besoin. J’aimerais l’éloigner de ce monde superficiel dans lequel vivent tant de personnes de nos jours.

Grâce à elle, j’ai découvert une nouvelle version de moi-même. Plus heureuse, plus épanouie. Je ne me prends plus la tête pour des choses futiles. Je profite de chaque minute, chaque seconde. J’ai comme l’impression d’apprécier enfin la valeur de la vie par des choses simples. Je n’aurais jamais pensé être aussi à l’aise dans ce rôle de mère. Tout est si naturel. Lors de la visite du pédiatre à la maternité, celui-ci m’a demandé combien de frères et sœurs Mila avait. Je lui ai répondu « Aucun ! C’est mon premier enfant ! ». Il a prit un air surpris et m’a rétorqué « C’est marrant, quand je vous vois avec j’aurais juré que vous en aviez déjà plusieurs ! ». J’essaye juste d’être le plus zen possible. Au quotidien, il n y a pas de planning chez nous. Je ne me fixe aucun objectif sur la journée. Si j’ai le temps tant mieux, si je ne l’ai pas tant pis, cela sera pour demain ! A part à la maternité, je n’ai jamais noté jamais les heures ni les durées des tétées ou ce genre de choses. Le mot d’ordre à la maison c’est Carpe Diem ! On vit au jour le jour et on profite de l’instant présent sans stress ni pression.

Grâce à ma fille je ne suis pas devenue seulement mère mais également une femme. Une longue route s’ouvre maintenant à nous. Il y’aura sans doutes quelques embûches mais le plus important c’est que l’on soit ensemble.

Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu – Jean D’Ormesson

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Mon accouchement post-terme

Jour du terme :

Après avoir passé des semaines en compagnie des contractions, avoir été contrainte au repos forcé et sous progestérone me voici au jour du terme de ma grossesse sans bébé ! Un comble ! Depuis le fameux cap des 37SA, je n’ai plus aucune contraction et je pète la forme ! Je me rends à ma maternité comme demandé. Examen du col : il est complètement fermé, long, postérieur et dur. Un décollement des membranes est impossible avec un col dans cet état. On m’envoie passer une échographie pour contrôler la quantité de liquide amniotique, tout est parfait. Monitoring d’une heure et aucune contraction à signaler. La sage femme commence à me parler d’un déclenchement par tampon à maximum J+6 du terme. En attendant, je dois revenir pour un contrôle à J+2.


J+1 Post Terme :

La journée se passe sans aucun signe d’accouchement imminent. Je suis toujours en plein regain d’énergie. Je fais quelques courses et le ménage. Je me couche le soir avec des douleurs de règles et une sensation de décharges électriques dans le col.


J+2 Post Terme :

2h00 : Je me réveille à cause d’une contraction assez douloureuse. Elles reviennent toutes les 10 minutes puis rapidement par intervalle de 5 minutes. Je me lève, j’avale 2 spasfons et je file sous une douche chaude. Les contractions ne s’arrêtent pas mais je pressens un faux travail. J’attends le matin pour partir à mon rdv J+2 post terme. Au moment où je suis en route pour la maternité les contractions diminuent. Examen du col : Ouvert à 1 ! Contractions visibles au monito mais irrégulières. Contrôle du liquide normal. La sage femme pense à un tout tout début de travail. On me dit de repartir chez moi mais que je peux revenir dans la journée tout comme je peux toujours être déclenchée à J+6. Je passe la journée avec une amie, shopping, restaurant… Plus aucune contraction à signaler. En rentrant je pose des rideaux dans mon salon et je fais mon ménage.

19h00 : Les contractions reviennent. Je n’y prête pas attention en me disant que cela doit être du faux travail. Je décide d’aller prendre une douche pour me détendre. Tout à coup je sens du liquide couler entre mes jambes. Je pense immédiatement à la poche des eaux mais je doute vu la petite quantité.

21h00 : Les contractions sont de plus en plus douloureuses et par intervalle de 3 minutes. J’appelle la maternité qui me conseille de venir contrôler tout ça. Je préviens ma sœur qui arrive dans la foulée pour m’emmener.

22h00 : Arrivée à la maternité. Le col est au même stade que le matin même. Toujours ouvert à 1 et la poche des eaux n’est pas fissurée. Je commence à désespérer en me disant qu’on va encore me renvoyer chez moi. On me met sous monito. Les contractions sont bien visibles et bien intenses. Toutes les 3 minutes. Au bout de 1h30, la sage femme examine mon col. Ouvert à 1,5. « Le col se modifie, vous avez des contractions, vous avez dépassé votre terme : On vous garde ! »

23h45 : On m’installe dans une chambre. Il est trop tôt pour aller en salle de naissance et le travail peut encore s’arrêter.


J+3 Post Terme :

1h55 : Les contractions sont de plus en plus douloureuses. Je cherche des positions pour atténuer la douleur. A quatre pattes, en position fœtale… Je colle mon dos contre le chauffage. Rien ne change. Je me répète intérieurement « La douleur c’est dans la tête, tu n’as pas mal. Tout est dans la tête ». Je sonne la sage femme et je lui demande de m’examiner à nouveau. Nouvelle déception. Le col est ouvert à 2. Tout va extrêmement lentement. Je dis à ma sœur que je vais surement accoucher aux alentours de 20h vu le déroulement des choses…

2h45 : J’ai envie de vomir à chaque contraction mais je lutte toujours avec mon mental. J’inspire et j’expire lentement comme lors des méditations. Je visualise les contractions de mon utérus et mon bébé qui descend dans mon bassin pour comprendre la douleur. Je décide de faire du ballon pour tenter d’accélérer l’ouverture du col mais dès que je me pose dessus la douleur est encore plus intense. Alors que je suis allongée en pleine méditation, je sens et j’entends un gros « crac » dans mon ventre. Une énorme quantité de liquide  se met à couler. Je cours aux toilettes en criant à ma sœur « Cette fois-ci ça y’est, je perds les eaux ! ». J’appelle de nouveau la sage femme qui m’emmène en salle de naissance ! A présent, je sais que la rencontre est proche. Je suis toujours aussi zen malgré la douleur.

3h25 : Col ouvert à 4 ! Arrivée de l’anesthésiste, mon sauveur ! La sage femme et l’infirmière me félicitent de gérer aussi bien la douleur sans gémir et en plus avec le sourire : »S’il n y avait pas le monito et la forme de votre ventre, on ne croirait jamais que vous êtes en plein travail et que vous avez des contractions. » Je réponds à cela une phrase que j’ai l’habitude de dire depuis plusieurs années « La douleur c’est dans la tête, c’est le mental qui fait tout ! » Pose de la péridurale, même pas mal ! Je ressens juste une minuscule décharge électrique dans le dos.

3h50 : Je n’ai plus aucune douleur, la péridurale c’est le pied ! Je pète le feu alors que je n’ai pas dormi depuis 26h et que mon dernier repas était jute une salade au déjeuner de la veille. Je parle et je plaisante avec ma sœur en attendant la suite du travail.

4h30 : Col ouvert à 6 ! La sage femme me place sur le côté avec la jambe surélevée pour que bébé s’engage dans le bassin. Je ne réalise toujours pas que je vais rencontrer ma fille dans quelques heures. J’ai l’impression d’être dans un autre monde.

6h00 : Col ouvert à 10, dilatation complète ! Je sens de nouveau les contractions sans ressentir la douleur. La sage femme m’informe qu’il faut encore attendre 2h le temps que bébé s’engage bien dans le bassin.

6h45 : Je ressens une énorme envie de pousser. La sage femme m’examine : « Elle est là, on s’installe ! Vous avez pris des cours de prépa à l’accouchement ? » ; « Non mais je fais confiance à mon instinct, vous inquiétez pas je sais comment il faut pousser ». Elle sort les étriers, mets sa blouse. L’aide soignante s’installe à ma gauche, ma sœur est à ma droite. L’infirmière est assise sur une table derrière la sage femme. Toujours aussi zen je plaisante « On fait ça entre bonnes copines hein ?! Vous inquiétez pas je ne vais pas vous gueuler dans les oreilles ! ».  L’aide soignante me répond « Oh vous savez les gueulardes on ne les entend même plus ! ».

7h00 : Je commence à pousser par séries de 3. La sage femme me félicite en me disant que mes poussées sont parfaites. Je suis dans ma bulle et visualise le chemin que doit prendre ma fille vers la sortie. Mon bébé fait le yoyo. Elle descend dès que je pousse mais remonte dès que j’arrête. Malgré mes poussées efficaces plusieurs seront inutiles. Je suis en sueurs, j’ai la gorge sèche. L’aide soignante m’asperge au brumisateur sur le visage et dans la bouche. Le temps me parait une éternité. Je commence à redouter les forceps et j’ai peur que mon bébé souffre. Je dis à la sage femme que je sais quand il faut pousser et elle me réponds « Je vous laisse gérer, allez y faites comme vous le sentez; je suis là ». Je demande un appuie, l’infirmière et l’aide soignante sortent des poignées de chaque côté du lit. Je m’accroche à celles-ci et je pousse de toute mes forces. J’entends la sage femme et l’aide soignante m’encourager de ne pas arrêter. Le sommet et le front de bébé sont dehors ! Je ne prends aucune pause, je décide d’enchaîner les poussées sans m’arrêter. Je reprends une inspiration et je pousse à nouveau. Je n’ai pas mal mais je sens le creux des yeux et le nez de bébé passer. Je continue de pousser sans m’arrêter. J’entends toute l’équipe m’encourager mais je ne comprends pas leurs mots, je suis totalement dans ma bulle décidée à faire sortir ce bébé.

7h25 : La sage femme me crie « Arrêtez de pousser, c’est bon ça y’est elle est là ! ». J’ouvre les yeux, je vois flou mais je l’aperçois tenir un petit corps et j’éclate en sanglots. J’entends en même temps ma sœur pleurer pour la première fois de ma vie. On me pose ma fille sur moi. Je la regarde, elle est juste magnifique. Elle est toute propre, pas de vernix, pas de sang, la peau toute rose. Ma sœur coupe le cordon, j’entends toute l’équipe me dire que j’ai été super mais je n’arrive pas à décoller mes yeux de ma fille. Inévitablement, en quelques secondes les derniers mois passés défilent dans ma tête à une vitesse lumière. Du jour de la conception à ce moment. A toutes ces épreuves endurées. A mon cœur brisé que ma fille vient de recoller en à peine une seconde. Une seule chose me revient en tête : si je devais revivre tout cela pour avoir de nouveau ce petit corps chaud contre moi, alors je le referais encore et encore. Nous avons fait deux heures de peau à peau après la naissance ainsi que la tétée de bienvenue. Je croyais savoir ce qu’était l’amour mais ça, c’était avant de rencontrer ma fille. Il n y a pas de mots assez fort pour décrire ce sentiment incroyable dans l’acte de devenir une mère.

MILA, 53,5 CM, 3KG670

Bilan de mon accouchement : Pas d’episio, une minuscule déchirure (seulement 1 point), un périnée intact. Toute l’équipe m’a félicité pour mon self control et mon calme pendant toute la durée du travail. Même les autres sages femmes que j’ai vu pendant mon séjour m’en ont parlé. Si je ne pouvais vous donner qu’un conseil, c’est de pratiquer la méditation autant que possible pendant votre grossesse. Cela vous aidera à contrôler votre mental et votre respiration pendant le travail. Pour moi, mon accouchement était juste parfait et j’en garde un souvenir incroyable qui sera gravé dans mon cœur à jamais.

 

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Mon shooting de grossesse

Boris Untereiner shooting grossesse

Lors d’une grossesse, on veut forcement garder des souvenirs de ces neufs mois où notre physique prend un sacré coup. Personnellement je n’ai que très peu de photographies de moi enceinte. Je n’ai jamais ressenti spécialement l’envie de me prendre en photo à tout bout de champs. Désirant tout de même immortaliser ce moment unique dans une vie, j’ai décidé de m’orienter vers un shooting de grossesse effectué par un professionnel. Sauf que… les shootings de grossesse on en voit des tonnes défiler sur le net. Et aucun ne me plaisait vraiment. Je ne voulais pas des photos ‘standard’ que tout le monde avait, je ne voulais pas l’image de la femme tout sourire épanouie avec son ventre à l’air (parce que la grossesse n’a pas du tout été épanouissante pour moi…)…

Je me suis donc tournée vers un photographe/créateur d’image avec lequel j’avais déjà travaillé par le passé : Boris Untereiner. Ensemble, nous avons construit ce projet sur plusieurs semaines. Il a parfaitement compris l’ambiance et le rendu que je désirais pour ce shooting de grossesse. Boris s’est déplacé avec tout son matériel chez moi (lumières, fonds et autres accessoires….). Nous avons réalisé une première partie du shooting à l’extérieur et nous avons terminé par la partie studio.

Le résultat est juste comme je l’imaginais. D’ailleurs certains clichés sont en cours d’impression en grand format et vont se retrouver dans mon salon très prochainement.

Si l’envie vous en prend, Boris Untereiner se trouve dans le secteur Metz/Nancy/Luxembourg. C’est une personne fiable, professionnelle et qui sait mettre à l’aise son modèle. Grâce à son œil averti et son esprit créatif, vous pouvez être certain d’avoir des photographies de qualités, originales et à votre image !

N’hésitez pas à aller admirer ses travaux :
www.borisuntereiner.com

En attendant, je partage ici quelques extraits de la séance 🙂

Boris Untereiner shooting grossesse

Boris Untereiner shooting grossesse

Boris Untereiner shooting grossesse

Boris Untereiner shooting grossesse

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