Le secret… et la révélation

Avant : Le Choix de ma vie

J’ai donc gardé mon secret avec moi pendant des semaines. Certains trouveront cela horrible. J’ai même honte parfois. Mais si c’était à refaire, je recommencerais. Je devais me protéger. Je voulais passer un premier trimestre au calme, sans stress, sans nouvelle dispute. Je voulais être sûre que tout était normal chez bébé avant d’annoncer la nouvelle. J’étais tellement malade et à bout de forces que ce conflit m’aurait surement achevé. Pendant ces semaines, le géniteur a repris le contact. Sans que je ne sache trop pourquoi. Je peux vous dire aujourd’hui que je n’étais vraiment pas fière de cacher ce lourd secret quand je répondais vaguement à ses message. Mentir à l’homme que l’on aime est l’une des choses les plus horrible à faire.

Une fois les derniers résultats réceptionnés, j’ai décidé de lui annoncer. Lui étant en voyage à l’autre bout du continent, je lui ai envoyé un long mail résumant les dernières semaines que j’avais vécue, lui reprécisant que je n’attendais rien de lui. Je savais pertinemment qu’il ne voulait pas de ce bébé et je ne voulais rien lui imposer. A la fin de cet e-mail, je lui ai tout de même précisé que si jamais il changeait d’avis, dans les semaines, mois et même années à venir, je ne l’empêcherai jamais de rencontrer son enfant.

Il n’a pas lu le mail tout de suite… Et finalement quand il l’a fait et comme je m’y attendais, sa réaction a été très violente. Insultes, menaces, chantage affectif, avortement tardif à l’étranger en échange d’argent… Je me suis retrouvée tétanisée enfermée à double tour dans ma chambre à 3h du matin avec une bombe lacrymogène sur ma table de nuit et le lendemain matin avec un ami policier à étudier les recours auxquels j’avais droit pour assurer ma protection. Les derniers messages échangés étaient clairs : lui ou l’enfant. Perdre définitivement l’homme que j’aimais ou ma chair et mon sang. « Si tu m’aimes vraiment avorte ! Tu n’es pas vraiment amoureuse…. Quand on aime quelqu’un on fait tout pour lui ».

Depuis tous les contacts ont cessé. Vivre un chagrin d’amour pendant une grossesse, je ne l’aurais jamais crû. Il y a des jours ou ça va, il y en a d’autres où tout va mal… L’entourage ne comprend pas forcement mes ressentis. « Pourquoi tu te prends la tête pour lui après tout ce qu’il t’a fait subir ? », « Pourquoi pleurer pour quelqu’un qui t’a rendu malheureuse ? », « Ouvre les yeux sur lui », « C’est probablement mieux comme ça, avec ce comportement il n’aurait jamais été un bon père pour ta fille »…. Parfois je me dis qu’ils ont raison, parfois je me dis que l’amour paternel lui apporterait sûrement une stabilité qu’il semble rechercher mais qu’il fuit en même temps.

Les moments les plus difficiles sont en soirée. Quand je me couche seule et que je sens ma fille bouger. J’aimerais qu’il soit là, à mes côtés. Qu’il l’a sente lui aussi, et qu’il soit autant rempli d’amour pour elle que je le suis. Malheureusement, de son côté il ne s’agit que « de sperme dans un vagin ». J’ai bien essayé de le détester pour avancer, mais impossible. J’ai donc entamé une sorte de deuil amoureux et il faut maintenant laisser le temps faire les choses. Je me dois d’avancer et d’être forte pour ma fille.

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Le choix de ma vie

le choix de ma vie

Le début de l’histoire : la découverte

Suite à ma découverte, je me réveille le mercredi matin toujours aussi mal. J’ai rêvé la nuit que j’avais un petit garçon dans les bras. Mon esprit est embrouillé, je commence à comprendre que si j’ai des doutes sur ma décision, c’est que quelque chose ne va pas. La journée se passe en dent de scie « et si je le gardais ? », « non tu ne peux pas assumer ça seule, « pense à cet enfant qui te posera des questions plus tard », « et financièrement je pourrais m’en sortir ? ». Mille et une questions font irruption dans mon cerveau. Je suis totalement inefficace au bureau. Je n’en ai parlé à personne à part deux amies proches. Aucun message du géniteur pour prendre de mes nouvelles… Je surfe sur le web, je lis des témoignages, je me renseigne sur le processus d’avortement. Quand je lis tout ça, je ne me vois pas du tout vivre ça….

Rendez-vous avec mon médecin le lendemain pour un bilan de mes analyses complètes. Mon taux TSH qui évalue le fonctionnement de ma thyroïde est en train d’exploser. Mon taux de folatémie est en dessous des normes. Il me prescrit de l’acide folique et me fait comprendre que ces résultats ont de forts risques d’entraîner une fausse couche. Je ressors déboussolée. Finalement je ne vais peut-être pas avoir de décision à prendre, la nature va faire les choses d’elle même…. Le soir, j’appelle ma mère en lui cachant les choses. Je lui parle de mes résultats, elle me raconte une anecdote sur une ancienne voisine qui a perdu un bébé à cause d’un taux de folatémie extrêmement bas. « Mais bon toi c’est pas très grave, c’est pas comme si tu étais enceinte ». J’éclate en sanglots et je lui avoue la vérité. Moi qui avait peur de sa réaction, ma maman a été d’un grand réconfort. Elle m’a assuré que quelque soit le choix que je ferai, elle serait là pour me soutenir.

Le vendredi je ressens le besoin de parler. Pas à mes amies, ni à ma mère mais à un professionnel. Je contacte un centre d’écoute. Le soir j’ai enfin des nouvelles du « géniteur » qui me demande si je suis allée avorter, comme si on allait simplement faire des courses. Je lui fais part de mes doutes. Je lui précise que je ne lui demande aucune implication, ni personnelle ni financière. Il me précise qu’il ne veut pas d’enfant, qu’il n’est pas prêt et trop jeune. Qu’il fera un enfant avec une femme dont il sera fou amoureux (une bonne douche froide pour moi en pleine face…). Il m’assure que je vais terminer en « cas social ».  Je vais me coucher épuisée, en pleurant et complètement stressée.

Samedi matin. Je me lève. Je ressens des grosses douleurs au ventre. Je vais aux toilettes et je m’aperçois que je perds du sang. Je sais qu’à ce stade il n y a rien à faire. Je suis persuadée de faire une fausse couche. Je préviens le géniteur. Encore une fois, je m’attendais à ce qu’il vienne me soutenir. Quand je lui précise 1h00 plus tard que cela ne s’arrête pas, j’ai même pensé qu’il allait se proposer de m’emmener aux urgences. NADA. Je commence à comprendre que quoiqu’il arrive, je n’aurais aucun soutien de sa part. Les saignements s’arrêtent vers midi d’un coup. Je prends rendez-vous chez ma gynécologue le jeudi suivant pour contrôler tout ça.

Le lundi je retourne faire une prise de sang HCG pour contrôler mon taux et vérifier si j’ai bien fait une fausse couche. Le taux a augmenté normalement. J’attends mon RDV de jeudi sans trop m’emballer, surtout que j’ai d’affreuses douleurs au ventre.

Le jeudi arrive. A ce fameux rendez-vous, on me diagnostique un oeuf clair. (Voir mon article spécialement dédié sur ce rendez-vous pour plus détails). Je ressors le cœur « vide ». J’essaye de me dire que « la nature fait bien les choses ». Je préviens le géniteur que tout est réglé. Le samedi je le contacte pour lui dire que je ne suis pas bien du tout moralement. J’aurais comme réponse « Regarde un film, occupe toi ». Le soir même une amie le verra dans les bras d’une autre fille en boite de nuit… Lorsque je demanderai des explications, il me répondra que mon comportement et mes doutes vis à vis d’un avortement l’ont déçu et qu’on ne se doit plus rien. Tout s’écroule autour de moi. Je passe ma semaine à pleurer, pleurer pour un homme dont je suis amoureuse et qui visiblement n’en a jamais eu rien à faire de moi. Pleurer pour un « bébé » qui n’a jamais existé. Je culpabilise. « Tu as douté, tu voulais avorter au départ ? Voilà le juste retour des choses, tu ne peux t’en prendre qu’à toi même ». Avec tous mes problèmes de santé, je me demande si j’arriverais un jour à mener une grossesse à terme ou même à retomber enceinte naturellement. Je fais la fille forte devant mes proches, je m’effondre quand je suis seule.

Au rendez-vous de contrôle une semaine plus tard, j’ai finalement entendu un battement de cœur. Dès ce moment, j’ai su que quoiqu’il pouvait arriver j’allais me battre pour cet enfant. Ma gynécologue me demande de rester au calme et sans stress. N’ayant aucune nouvelles du géniteur qui semble bien s’amuser dans sa vie, je décide de garder le secret jusqu’à l’échographie T1 et les résultats de la Trisomie 21 pour être certaine que tout aille bien. Je suis morte d’angoisse à l’idée qu’il puisse arriver quelque chose.

La suite : Le secret et la révélation

 

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Lundi 27 mars 2017 : La découverte

En me réveillant ce matin là, j’étais loin de m’imaginer que cette journée allait changer le reste de ma vie.

Certaines femmes font des tests de grossesse avant même un seul jour de retard de règle. Moi j’attends mes règles depuis 5 jours et je ne suis pas du tout stressée. Je n’ai pas eu de rapports dans une période à risque et ne désire pas avoir d’enfants. Je suis malade depuis environ 1 mois et demi. 10 jours avant, j’ai été hospitalisée en urgences. Pendant cette mini hospitalisation, après un bilan sanguin complet on m’avait vérifié les hormones HCG et même inscrit dans mon dossier médical « pas enceinte ». Après cette aventure aux urgences, on me découvre quelques jours plus tard un problème à la thyroïde. En attendant des examens complémentaires, je comprends que mon corps est en train de partir en vrille et fonctionne en vitesse accéléré. Parmi les différentes conséquences, mes cycles vont se dérégler, mes ovulations peuvent se bloquer etc… Bref, je ne m’inquiète donc pas du tout pour ce retard de règle…

Alors que je suis au boulot, je reçois un mail pour m’informer de la réception d’analyses d’urines. Comme mes derniers résultats, les taux ne sont pas dans la norme. Je regarde vite fait la signification sur internet, parmi les différentes causes je lis le mot « grossesse ». Je ne m’attarde pas dessus. Je parle par message avec amie. Elle me conseille de faire un test histoire de rayer cette option de ma liste. Je lui réponds que ça ne sert à rien de dépenser 10euros dans un test alors que c’est impossible que je sois enceinte. Une heure passe… Vers 16h00, je me prends un électrochoc dans ma tête. Je quitte le bureau quelques minutes pour courir à la pharmacie à quelques pas. Je reviens avec deux tests (dixit la fille qui ne voulait pas en acheter un seul une heure avant).

Je suis seule dans les locaux, je vais aux toilettes toujours sans aucun stress. Je déballe l’engin, je fais ce que j’ai à faire. Une deuxième barre apparaît directement sans attendre la minute nécessaire. Je relis le mode d’emploi. C’est positif. Merde alors. Grosse bouffée de chaleur. Le cœur s’accélère à 1000 BPM. Les larmes coulent sans que je comprenne. Impossible, ça doit être un faux positif. Je ne l’ai pas fait le matin comme conseillé par la pharmacienne. En plus je n’ai aucun symptôme à part des douleurs de règles justement. On essaye de se calmer…. On va faire le deuxième test le lendemain MATIN comme cela est bien stipulé dans la notice.

La nuit passe, évidemment je ne dors pas… A 5h00 du matin je ne tiens plus, je vais faire le test. Même verdict que la veille, la barre est même encore plus foncé… C’est quoi ce bordel ?! A 7h30 je fonce au labo, j’avais des nouvelles analyses à faire pour ma thyroïde. Je demande à ce que l’on me rajoute les hormones HCG en plus.

Les résultats arrivent en début d’après-midi. Le verdict est confirmé. Je cherche à comprendre. Comment cela a t-il pu arriver ? Double ovulation ? Je ne vois que cela comme réponse encore à l’heure actuelle car j’avais bien ovulé 1 semaine avant le rapport qui a conduit à la conception.

Je préviens le « géniteur » le soir en quittant du travail. Nous sommes tous les deux en accord sur la situation : cette grossesse doit être arrêtée. Je suis chamboulée et en pleurs, lui prend ça plutôt à la rigolade s’estimant heureux de savoir qu’il est « fertile ». Je me sens incomprise, seule, en détresse totale. J’attends qu’il se propose de venir me soutenir en vain.

Je me couche le soir complètement perdue et seule. Après avoir passée une partie de la nuit à pleurer, je m’endors épuisée par cette situation et le cœur lourd…

La suite : Le Choix de ma Vie

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