Témoignage Maman Solo : Carline

J’ai rencontré mon ancien compagnon lors d’un séjour linguistique à Los Angeles. Nous avons évolué assez rapidement. Lui avait déjà un enfant que j’ai totalement accepté. J’ai d’ailleurs adoré prendre le rôle de “belle maman” et j’étais très impliquée dans sa vie. Après 1 an de relation et un appartement en commun, il m’a demandé en mariage et j’ai accepté. Le mariage on en parlait mais c’était plutôt compliqué ma famille étant en Suisse et la sienne aux États Unis. Nous n’étions pas pressés de nous marier. On voulait que ce jour soit parfait avec les gens qu’on aiment. J’ai appris ma grossesse après 5 ans de relation et le mariage était prévu pour l’année suivante.

J’ai découvert ma grossesse à 6 semaines à cause d’une absence de règles. Je l’ai annoncé directement après au papa qui était très heureux. Pour ma part c’était dur : j’étais jeune, je n’avais pas terminé mes études et lui n’avait pas vraiment un bon travail. A deux mois de grossesse j’ai appris qu’il me trompait. A l’époque j’habitais aux États Unis chez lui et un vol retour était prévu pour le lendemain. Cependant; je pensais revenir. Au moment du départ sa sœur m’a clairement dit qu’il était mieux pour mon bébé et moi de ne pas revenir car elle savait que son frère serait un mauvais père. J’ai donc décidé de partir sans vraiment savoir si oui ou non j’allais revenir.

Quand je suis parti il était persuadé que j’allais revenir et lui pardonner comme je l’avais toujours fait. Malgré ça il pleurait ce qui m’a toujours semblé bizarre étant donné que je doutais de son amour pour moi. Ensuite j’ai appris que même si je le voulais je ne pouvais pas accoucher aux USA comme mon assurance ne prenait pas en charge les frais hospitaliers à l’étranger. Les mois ont passé sans vraiment savoir si nous étions toujours un couple ou pas. Je me posais beaucoup de questions et chaque jour qui passait sans nouvelle de lui je me sentais plus libre. J’ai donc décidé de lui écrire que c’était terminé. Il n’y a jamais vraiment cru même quand il est revenu quand mon fils avait 6 semaines il était persuadé qu’on était encore quelque chose. Mais pour moi ce n’était plus le cas. Il avait promis d’être présent une semaine avant le terme et je devais le prévenir si bébé arrivait plus tôt ce que j’ai fait sans réponse

 J’ai enfin accouché en octobre 2016 et j’ai averti son père qui n’a pas daigné à répondre. Les semaines suivantes, je n’y pensais plus. Mon fils était là et j’étais comblée.

Quand mon fils avait 6 semaines son père a voulu refaire surface. Avec des promesses qu’il n’a pas tenu et il a abandonné une nouvelle fois son rôle de père. Depuis plus de nouvelles, ni pour les anniversaires, Noël etc. Je le vis bien. Une procédure au tribunal a été entamé et le tribunal a reconnu son fils pour lui ( sans son accord) car il n’a jamais répondu aux lettres du juge. Donc oui mon fils a un père qui ne l’a au final pas vraiment reconnu car c’est le tribunal qui l’a fait pour lui. Il est condamné à me verser une pension alimentaire et des indemnités ainsi que tout l’argent qu’il aurait dû verser depuis la naissance. Je sais et je suis certaine que je ne vais jamais voir cet argent et comme il vit à des milliers de km dans un autre pays le gouvernement ne fait rien. Donc il ne paye pas et nous n’avons pas plus de nouvelles.

L’avenir je le vois magique car j’ai mon fils près de moi. On a une vie incroyable avec des gens qui nous aiment plus que tout. J’ai un travail, une maison et tout ce dont on a besoin sans avoir besoin de son argent. J’ai peur des questions que mon fils posera plus tard mais je sais que le jour venu je saurais quoi lui dire et je ne lui cacherai pas qui est son père. J’économise chaque mois de l’argent pour un voyage aux USA. Si un jour il me demande d’aller voir son papa alors on sautera dans l’avion. Et on ira retrouver son père. L’opinion que j’ai de lui, je ne veux pas que mon fils pense la même chose. C’est à lui de dire si papa est bien ou pas.

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Témoignage Maman Solo : Clémence

témoignage maman solo
Ce blog devient le votre ! Désormais retrouvez chaque semaine des témoignages de mamans solo ! Pour inaugurer cette catégorie, j’ai le plaisir de laisser Clémence vous raconter son histoire. N’hésitez pas à lui laisser des petits messages en commentaires si le cœur vous en dit. Merci Clémence pour ta confiance et ton témoignage.

 


Je m’appelle Clémence. A 20 ans j’ai rencontré quelqu’un, ça été très rapide. J’avais envie d’indépendance et de vivre quelque chose de fort. Il m’a rapidement coupé de ma famille et de beaucoup d’amis. Il m’a promis beaucoup de choses. Il voulait un bébé.  Moi et ma naïveté avons accepté. Au bout de 5 mois de relation j’étais enceinte et à ce même moment il a changé. Le masque est tombé. Un soir il est rentré saoul et a essayé de lever la main sur moi. J’ai pris mes affaires et je suis parti. Ce fût la meilleure décision que j’ai pu prendre dans ma vie. Cette petite vie au fond de moi ne méritait pas une vie minable. Je suis donc revenue chez mes parents leur annonçant cette double nouvelle. Ils m’ont parlé d’avortement mais je refusais ce mot. Ce bébé je l’avais choisi, je l’assumerai quoiqu’il arrive.

 

Cela a été une torture psychologique tiraillée entre cette rupture et cette grossesse. Ce moment qui dans la vie d’une femme est heureux a été pour moi très difficile. Annoncer cela en sanglots à toute ma famille, entendre des réflexions désobligeantes d’esprits très fermés. Ma maman n’a pas supporté et m’a « demandé » de partir. Je me suis retrouvée le soir même dans un foyer pour femme. Ma situation : pas d’emploi, pas de logement et enceinte de 3 mois. Je ne pouvais pas descendre aussi bas et mettre au monde mon enfant dans ce contexte.  J’ai remué ciel et terre pour trouver des aides, un logement abordable, renouer avec ma famille et préparer l’arrivée de mon bébé. Deux mois plus tard, j’étais dans mon joli appartement avec peu de meubles mais le nécessaire.

 

Et le « papa » dans tout ça ? J’ai essayé de l’impliquer dans la grossesse. Il était très instable, un jour il me demandait d’avorter, le lendemain il voulait m’imposer un prénom… J’ai dû déposer plainte contre lui car je ne supportais plus ses insultes. Mais pour mon enfant, je l’ai convié à l’échographie morphologique. Le but n’était absolument pas de me rabibocher avec monsieur mais que mon enfant ne me reproche pas d’avoir écarté son père de lui. En parallèle j’ai vu une avocate, pour y voir plus clair. Nous avons préparé un dossier, au cas où il voudrait le reconnaître. A cette époque je ne connaissais pas ses intentions et je voulais à tout prix préserver mon bébé. D’ailleurs désormais je ne parlerai plus papa mais de géniteur.

 

Durant la grossesse, le manque d’un homme a été bien présent. Je me revois assise dans une allée IKEA à pleurer en voyant un papa parler tendrement à sa femme enceinte en choisissant le lit. Moi a côté d’eux j’essayais de saisir le même carton. Seule. Je me souviens aussi que je souffrais de ne pas avoir le regard amoureux d’un homme sur mon corps qui changeait. J’ai pleuré de longues heures les dimanches en préparant la chambre de mon bébé. Je jalousais les femmes en couple… En 6 mois j’ai pu pardonner à mes parents. Pour essayer d’oublier tout cela j’ai demandé à ma maman de m’accompagner le jour de l’accouchement.

 

Quand ma fille est née tous mes doutes se sont dissipés, la vie est devenue belle. Ma fille a mis de la couleur dans ma vie en noir et blanc. J’ai attendu d’avoir mon livret de famille pour annoncer la naissance au géniteur. Celui-ci ne l’a pas reconnu. Il m’a contacté un mois après pour je cite « avoir notre fille tout un week-end ». Je lui ai dit que mon bébé n’était pas un bébé chien et que légalement il n’était personne. Je n’ai plus jamais eu de nouvelles.

 

Être maman de cette petite merveille m’a rendu forte et heureuse. Quelques jours après les 1 an de ma fille je me suis lancée dans un BTS en alternance. Je voulais plus que tout avoir un diplôme, rendre ma fille fière et lui garantir une vie décente. Rien n’a été facile, les galères d’argent (et oui la CAF ne fait pas tout surtout quand on travail. J’ai même dû faire un prêt pour payer l’assistante maternelle aux 3 ans de ma fille pour finir mes études). J’étais épuisée, je ne menais pas la même vie que les gens de mon âge. Mais je ne regrette rien et cela a été de merveilleuses années. Ma fille est merveilleuse et sans elle je n’aurais pas fait le quart de tout ça. Elle est ma force, ma plus grande fierté. Quand on me dit que je suis forte je réponds que moi je ne le suis pas mais ma fille l’est. Être maman solo c’est ça, mais c’est aussi : de l’amour puissance infini, un lien très particulier avec son enfant, faire des choix sans se battre avec le papa, une raison de se battre au quotidien, tous les câlins et bisous rien que pour soi, de la fierté… Je n’ai jamais regretté mes choix et je suis très fière d’avoir eu cette petite fille seule.

 

Ma fille a toujours été au courant de son histoire, je lui ai toujours expliqué avec des mots simples. Je ne voulais absolument pas que cela soit un secret et que ça explose. A sa première rentrée j’ai appuyé cela, car j’avais très peur des questions des autres. Mais quand on lui parlait d’un papa elle répondait naturellement qu’il ne vit pas avec elle et qu’il ne s’occupe pas d’elle. Mes parents sont gagas de ma fille, leur première petite fille et désormais depuis qu’ils ont posé les yeux sur elle, ils tueraient pour son bonheur.

 

Quant à moi, j’ai essayé de rester une femme dans ma vie de maman solo. J’ai eu des histoires mais je n’ai jamais voulu trop m’impliquer ni avoir de projet. D’ailleurs je clamais haut et fort que je n’aurais jamais d’autres enfants, que ma fille serait la seule et l’unique, qu’elle suffisait amplement à mon bonheur. J’avais rencontré un homme lorsque ma fille était bébé mais je n’avais pas voulu vivre quelque chose avec lui. Nous étions resté en contact, il était devenu un ami, un confident.

 

Et pourtant 4 ans après j’ai compris que peut-être lui seul pouvait me faire changer. Cela fait 2 ans aujourd’hui, nous vivons ensemble, ma fille l’appelle papa (elle sait que ce n’est pas lui son papa biologique mais c est lui qui l’aime, s’en occupe et la nourrit). Je ne suis pas facile en couple, j’ai peur de l’abandon et à la fois je cherche le conflit. Mais il est très patient et s’accroche. Professionnellement, moi qui partait sans diplôme sans rien, j’ai aujourd’hui un CDI. Mon BTS obtenu avec d’excellentes notes m’a ouvert des portes. Et ma fille est très fière de sa maman.

 

Après de grosses remises en question, j’ai enfin franchi le cap de me dire que je pouvais revivre une grossesse et avoir un enfant avec quelqu’un. Je suis enceinte de 4 mois et je vis les choses très différemment car il faut partager tout cela avec quelqu’un et accepter le fait qu’il ne nous abandonnera pas.

 

Être maman solo a été la plus belle expérience. Je ne dit pas que cela a été facile, il y a eu des pleurs, des doutes, des choix à faire. Mais je ne regrette pas et l’amour de ma fille efface tous ces moments difficiles. On garde des séquelles de cela, je vis en couple et pourtant je pense toujours comme une maman solo, notamment pour les décisions et pour gérer le budget. Et j’appréhende beaucoup le fait d’avoir un bébé « à deux ». Je conseille aux mamans solo d’être fière, ne baissez pas la tête, n’ayez pas honte, battez vous toujours pour vos petits ! La vie vous réserve des surprises même si parfois on croit que le destin s’acharne sur nous. Tout est possible quand on est porté par l’amour d’un enfant. J’espère de tout cœur que ma fille comprendra tous mes choix, et que j’ai fait tout cela par amour, pour elle, l’amour de ma vie.
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Devenir mère

Devenir mère

Voila enfin quelques minutes de répit qui me permettent d’écrire quelques mots. Des mots auxquels je pense beaucoup depuis plusieurs jours. Voilà un peu plus d’un mois que Mila est arrivée dans ce monde. Elle avait déjà bouleversé ma vie en venant par surprise dans mon ventre mais elle m’a complètement changé en poussant ses premiers cris.

J’ai été prise de doutes pendant toute ma grossesse. Bien que je n’ai jamais regretté la décision de suivre la route de la parentalité seule, certaines peurs étaient constamment dans ma tête. Et si jamais je n’y arrivais pas ? Et si je ne parvenais pas à lui apporter tout ce dont elle a besoin ? Comment lui expliquer l’absence de son père ? Les dernières semaines précédant l’accouchement, j’étais terrifiée à l’idée de ne pas avoir ce lien mère-enfant. Moi qui avait appris à ne pas montrer mes sentiments, à faire la fille forte devant tout le monde,  j’avais peur de ne pas aimer assez mon bébé. Je n’étais pas pressée d’accoucher contrairement à beaucoup de femmes enceintes. Peut-être une des raisons d’ailleurs qui a fait que j’ai dépassé mon terme ?

Et puis un matin de décembre, Mila est arrivée. Et ce fameux lien s’est crée instantanément. Dès que j’ai croisé son regard, j’ai compris que nous allions être liées pour la vie. Ce petit-être avait besoin de moi et tout à coup je me rendais compte que j’avais autant besoin d’elle. En une fraction de seconde elle est devenue mon essentiel.  On m’avait parlé de l’instinct maternel, je n’y avais jamais trop cru. Finalement il n y a pas assez de mots pour expliquer ce que l’on peut ressentir. Il faut le vivre tout simplement pour comprendre.

Bien sûr il y a des moments plus difficiles que d’autres. J’ai pleuré quelques fois les premiers jours. Je regardais ce petit bébé dans son berceau en culpabilisant de ne pas pouvoir lui offrir une vie de famille « stéréotypée ». Finalement j’ai réalise que nous avons la chance de vivre dans un pays libre avec toutes sortes de schémas familiaux, de diversité. Ma fille ne sera pas plus malheureuse sans papa qu’un enfant vivant avec un couple qui se déchire au quotidien.

Aujourd’hui je regarde vers l’avenir. Jour après jour je découvre ma fille. Chaque matin au réveil je souris en voyant sa petite tête à côté de la mienne. A chaque nouvelle journée, j’apprends à la connaitre un peu plus. A décrypter ses pleurs, ses besoins. Je suis prête à tous les sacrifices pour elle, sans réfléchir car cela est devenu tout naturellement normal à mes yeux. Il y’a quelques années je m’étais interdit de prononcer les mots « Je t’aime » de nouveau, à qui que ce soit. Maintenant je ne cesse de répéter à ma fille que je l’aime « fort fort fort ».

Je veux que Mila soit élevée avec des valeurs qui me sont chères. Le respect, la générosité, la tolérance, l’amitié, l’amour. Je veux lui faire découvrir la beauté de notre monde. Les différentes cultures qui rendent notre planète si riche. J’ai hâte de partir en voyage avec elle et de lui faire découvrir les quatre coins du monde. J’aimerais lui transmettre mes passions ; lire, écrire, voyager, apprendre au quotidien de nouvelles choses, ne jamais rester sur ses acquis. J’aimerais en faire une petite fille pleine d’énergie, autonome, qui croque la vie à pleine dents, qui vient en aide à ceux qui en ont besoin. J’aimerais l’éloigner de ce monde superficiel dans lequel vivent tant de personnes de nos jours.

Grâce à elle, j’ai découvert une nouvelle version de moi-même. Plus heureuse, plus épanouie. Je ne me prends plus la tête pour des choses futiles. Je profite de chaque minute, chaque seconde. J’ai comme l’impression d’apprécier enfin la valeur de la vie par des choses simples. Je n’aurais jamais pensé être aussi à l’aise dans ce rôle de mère. Tout est si naturel. Lors de la visite du pédiatre à la maternité, celui-ci m’a demandé combien de frères et sœurs Mila avait. Je lui ai répondu « Aucun ! C’est mon premier enfant ! ». Il a prit un air surpris et m’a rétorqué « C’est marrant, quand je vous vois avec j’aurais juré que vous en aviez déjà plusieurs ! ». J’essaye juste d’être le plus zen possible. Au quotidien, il n y a pas de planning chez nous. Je ne me fixe aucun objectif sur la journée. Si j’ai le temps tant mieux, si je ne l’ai pas tant pis, cela sera pour demain ! A part à la maternité, je n’ai jamais noté jamais les heures ni les durées des tétées ou ce genre de choses. Le mot d’ordre à la maison c’est Carpe Diem ! On vit au jour le jour et on profite de l’instant présent sans stress ni pression.

Grâce à ma fille je ne suis pas devenue seulement mère mais également une femme. Une longue route s’ouvre maintenant à nous. Il y’aura sans doutes quelques embûches mais le plus important c’est que l’on soit ensemble.

Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu – Jean D’Ormesson

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Le deuil amoureux pendant une grossesse

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Nous vivons toutes lors de notre vie différentes expériences similaires. Le premier travail, le premier appartement, le premier amour, la première sortie en boite de nuit…. Des événements qui nous forgent. Parmi eux, il y a le deuil amoureux ou encore la grossesse. Malheureusement pour certaines femmes comme moi, nous devons faire face à ces deux épreuves en même temps. A un des moments les plus heureux de notre vie, nous devons aussi apprendre à oublier et faire le deuil d’une personne que nous aimions plus que tout. J’ai eu la chance de pouvoir terminer mon deuil amoureux avant la fin de ma grossesse et je tiens à partager avec vous les différentes étapes (propres à moi-même) que j’ai traversé au fil des semaines.


La chute :

Tout s’écroule autour de moi. Même si je m’attendais à ce qui allait arriver, j’ai du mal à réaliser. A ce moment là, on se pose cette question cliché « Pourquoi moi ? Pourquoi on ne peut pas être heureux à trois tout simplement ? ». J’ai dû relire les messages une bonne dizaine de fois pour réaliser. Parfois même essayer de lire entre les lignes pour trouver une signification ou un espoir qui ne viendrait jamais.

La tristesse :

Après quelques jours de chute, j’atterris bien lourdement au fond du puits. Je m’enferme chez moi, je refuse toute visite. Je réponds à peine aux messages me demandant de mes nouvelles. Certains proches ont sonné à ma porte, je n’ai même pas pris la peine de répondre. Je me réveille le matin ? Je pleure. La journée ? Je pleure. Le soir ? Je pleure. J’ai connu les insomnies de grossesse pendant cette période, alors évidemment les nuits étaient elles aussi chargées en émotions. On est seule dans son lit, on sent notre bébé bouger et à côté de nous une énorme place vide. Personne avec qui partager ces moments. On regarde encore et encore des photos…. En même temps, j’éprouvais un terrible sentiment de culpabilité vis à vis de mon bébé. Comment doit-elle se sentir dans mon ventre avec une maman aussi triste ?

L’acceptation et la reconstruction :

Petit à petit, en repensant au passé je réalise à quelle personne j’ai vraiment eu affaire. Je lis beaucoup de livre sur les différentes personnalités, la psychologie… J’assimile certains comportements, certaines réactions… Je réalise à quel points mes proches avaient raison, à quel point j’ai été manipulée pendant plusieurs mois. Le manque de la personne disparaît petit à petit. On efface les photos du téléphone (tout en les gardant dans un dossier sur le PC et en les imprimant pour ma fille plus tard). A quel moment ai-je réalisé que mon deuil était fait ? Lorsque j’ai pu penser à cette personne sans avoir un horrible pincement au cœur et les larmes aux yeux. Lorsque j’ai pu penser à cette personne en ne ressentant ni amour, ni haine profonde. Juste de l’indifférence. Lorsqu’au lieu d’espérer recevoir un message d’excuses, j’ai espéré ne plus jamais avoir de nouvelles. Pour terminer cette phase, j’ai écris une lettre adressée au géniteur de ma fille que je ne lui enverrai jamais. J’ai posé sur papier tous mes sentiments et ressentiments.


Aujourd’hui, je me sens totalement libérée de l’amour que j’avais pour cet homme. Et qu’est ce que cela fait du bien. C’est comme pouvoir respirer de nouveau. Il était important pour moi de ne ressentir aucune haine profonde à son égard car je ne veux surtout pas transmettre cela à ma fille. Elle saura toute la vérité sur son histoire, sur son géniteur. Lorsqu’elle sera assez grande, ce sera à elle seule de décider si elle veut essayer de le retrouver ou non. Et si elle le désire alors je ferai tout mon possible pour pouvoir l’aider.
Evidemment j’aurais préféré que cela se passe autrement. Evidemment j’aurais aimé avoir la famille « parfaite » moi aussi. Toute chose arrive pour une raison, l’important est d’avancer sans se retourner. Si je n’avais qu’un seul conseil à donner vis à vis de mon expérience, ce serait celui de ne pas contacter l’autre. Certains penseront que j’ai abandonné la bataille trop vite mais au final j’ai juste respecté son choix. Comme je le répète souvent « Il n’a pas pu m’obliger à avorter, je ne peux pas l’obliger à être père. ».

« Dans la vie, on a toujours le choix : aimer ou détester, assumer ou fuir, avouer ou mentir, être soi même ou faire semblant. » Nelson Mandela

 

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