Mon accouchement post-terme

Jour du terme :

Après avoir passé des semaines en compagnie des contractions, avoir été contrainte au repos forcé et sous progestérone me voici au jour du terme de ma grossesse sans bébé ! Un comble ! Depuis le fameux cap des 37SA, je n’ai plus aucune contraction et je pète la forme ! Je me rends à ma maternité comme demandé. Examen du col : il est complètement fermé, long, postérieur et dur. Un décollement des membranes est impossible avec un col dans cet état. On m’envoie passer une échographie pour contrôler la quantité de liquide amniotique, tout est parfait. Monitoring d’une heure et aucune contraction à signaler. La sage femme commence à me parler d’un déclenchement par tampon à maximum J+6 du terme. En attendant, je dois revenir pour un contrôle à J+2.


J+1 Post Terme :

La journée se passe sans aucun signe d’accouchement imminent. Je suis toujours en plein regain d’énergie. Je fais quelques courses et le ménage. Je me couche le soir avec des douleurs de règles et une sensation de décharges électriques dans le col.


J+2 Post Terme :

2h00 : Je me réveille à cause d’une contraction assez douloureuse. Elles reviennent toutes les 10 minutes puis rapidement par intervalle de 5 minutes. Je me lève, j’avale 2 spasfons et je file sous une douche chaude. Les contractions ne s’arrêtent pas mais je pressens un faux travail. J’attends le matin pour partir à mon rdv J+2 post terme. Au moment où je suis en route pour la maternité les contractions diminuent. Examen du col : Ouvert à 1 ! Contractions visibles au monito mais irrégulières. Contrôle du liquide normal. La sage femme pense à un tout tout début de travail. On me dit de repartir chez moi mais que je peux revenir dans la journée tout comme je peux toujours être déclenchée à J+6. Je passe la journée avec une amie, shopping, restaurant… Plus aucune contraction à signaler. En rentrant je pose des rideaux dans mon salon et je fais mon ménage.

19h00 : Les contractions reviennent. Je n’y prête pas attention en me disant que cela doit être du faux travail. Je décide d’aller prendre une douche pour me détendre. Tout à coup je sens du liquide couler entre mes jambes. Je pense immédiatement à la poche des eaux mais je doute vu la petite quantité.

21h00 : Les contractions sont de plus en plus douloureuses et par intervalle de 3 minutes. J’appelle la maternité qui me conseille de venir contrôler tout ça. Je préviens ma sœur qui arrive dans la foulée pour m’emmener.

22h00 : Arrivée à la maternité. Le col est au même stade que le matin même. Toujours ouvert à 1 et la poche des eaux n’est pas fissurée. Je commence à désespérer en me disant qu’on va encore me renvoyer chez moi. On me met sous monito. Les contractions sont bien visibles et bien intenses. Toutes les 3 minutes. Au bout de 1h30, la sage femme examine mon col. Ouvert à 1,5. « Le col se modifie, vous avez des contractions, vous avez dépassé votre terme : On vous garde ! »

23h45 : On m’installe dans une chambre. Il est trop tôt pour aller en salle de naissance et le travail peut encore s’arrêter.


J+3 Post Terme :

1h55 : Les contractions sont de plus en plus douloureuses. Je cherche des positions pour atténuer la douleur. A quatre pattes, en position fœtale… Je colle mon dos contre le chauffage. Rien ne change. Je me répète intérieurement « La douleur c’est dans la tête, tu n’as pas mal. Tout est dans la tête ». Je sonne la sage femme et je lui demande de m’examiner à nouveau. Nouvelle déception. Le col est ouvert à 2. Tout va extrêmement lentement. Je dis à ma sœur que je vais surement accoucher aux alentours de 20h vu le déroulement des choses…

2h45 : J’ai envie de vomir à chaque contraction mais je lutte toujours avec mon mental. J’inspire et j’expire lentement comme lors des méditations. Je visualise les contractions de mon utérus et mon bébé qui descend dans mon bassin pour comprendre la douleur. Je décide de faire du ballon pour tenter d’accélérer l’ouverture du col mais dès que je me pose dessus la douleur est encore plus intense. Alors que je suis allongée en pleine méditation, je sens et j’entends un gros « crac » dans mon ventre. Une énorme quantité de liquide  se met à couler. Je cours aux toilettes en criant à ma sœur « Cette fois-ci ça y’est, je perds les eaux ! ». J’appelle de nouveau la sage femme qui m’emmène en salle de naissance ! A présent, je sais que la rencontre est proche. Je suis toujours aussi zen malgré la douleur.

3h25 : Col ouvert à 4 ! Arrivée de l’anesthésiste, mon sauveur ! La sage femme et l’infirmière me félicitent de gérer aussi bien la douleur sans gémir et en plus avec le sourire : »S’il n y avait pas le monito et la forme de votre ventre, on ne croirait jamais que vous êtes en plein travail et que vous avez des contractions. » Je réponds à cela une phrase que j’ai l’habitude de dire depuis plusieurs années « La douleur c’est dans la tête, c’est le mental qui fait tout ! » Pose de la péridurale, même pas mal ! Je ressens juste une minuscule décharge électrique dans le dos.

3h50 : Je n’ai plus aucune douleur, la péridurale c’est le pied ! Je pète le feu alors que je n’ai pas dormi depuis 26h et que mon dernier repas était jute une salade au déjeuner de la veille. Je parle et je plaisante avec ma sœur en attendant la suite du travail.

4h30 : Col ouvert à 6 ! La sage femme me place sur le côté avec la jambe surélevée pour que bébé s’engage dans le bassin. Je ne réalise toujours pas que je vais rencontrer ma fille dans quelques heures. J’ai l’impression d’être dans un autre monde.

6h00 : Col ouvert à 10, dilatation complète ! Je sens de nouveau les contractions sans ressentir la douleur. La sage femme m’informe qu’il faut encore attendre 2h le temps que bébé s’engage bien dans le bassin.

6h45 : Je ressens une énorme envie de pousser. La sage femme m’examine : « Elle est là, on s’installe ! Vous avez pris des cours de prépa à l’accouchement ? » ; « Non mais je fais confiance à mon instinct, vous inquiétez pas je sais comment il faut pousser ». Elle sort les étriers, mets sa blouse. L’aide soignante s’installe à ma gauche, ma sœur est à ma droite. L’infirmière est assise sur une table derrière la sage femme. Toujours aussi zen je plaisante « On fait ça entre bonnes copines hein ?! Vous inquiétez pas je ne vais pas vous gueuler dans les oreilles ! ».  L’aide soignante me répond « Oh vous savez les gueulardes on ne les entend même plus ! ».

7h00 : Je commence à pousser par séries de 3. La sage femme me félicite en me disant que mes poussées sont parfaites. Je suis dans ma bulle et visualise le chemin que doit prendre ma fille vers la sortie. Mon bébé fait le yoyo. Elle descend dès que je pousse mais remonte dès que j’arrête. Malgré mes poussées efficaces plusieurs seront inutiles. Je suis en sueurs, j’ai la gorge sèche. L’aide soignante m’asperge au brumisateur sur le visage et dans la bouche. Le temps me parait une éternité. Je commence à redouter les forceps et j’ai peur que mon bébé souffre. Je dis à la sage femme que je sais quand il faut pousser et elle me réponds « Je vous laisse gérer, allez y faites comme vous le sentez; je suis là ». Je demande un appuie, l’infirmière et l’aide soignante sortent des poignées de chaque côté du lit. Je m’accroche à celles-ci et je pousse de toute mes forces. J’entends la sage femme et l’aide soignante m’encourager de ne pas arrêter. Le sommet et le front de bébé sont dehors ! Je ne prends aucune pause, je décide d’enchaîner les poussées sans m’arrêter. Je reprends une inspiration et je pousse à nouveau. Je n’ai pas mal mais je sens le creux des yeux et le nez de bébé passer. Je continue de pousser sans m’arrêter. J’entends toute l’équipe m’encourager mais je ne comprends pas leurs mots, je suis totalement dans ma bulle décidée à faire sortir ce bébé.

7h25 : La sage femme me crie « Arrêtez de pousser, c’est bon ça y’est elle est là ! ». J’ouvre les yeux, je vois flou mais je l’aperçois tenir un petit corps et j’éclate en sanglots. J’entends en même temps ma sœur pleurer pour la première fois de ma vie. On me pose ma fille sur moi. Je la regarde, elle est juste magnifique. Elle est toute propre, pas de vernix, pas de sang, la peau toute rose. Ma sœur coupe le cordon, j’entends toute l’équipe me dire que j’ai été super mais je n’arrive pas à décoller mes yeux de ma fille. Inévitablement, en quelques secondes les derniers mois passés défilent dans ma tête à une vitesse lumière. Du jour de la conception à ce moment. A toutes ces épreuves endurées. A mon cœur brisé que ma fille vient de recoller en à peine une seconde. Une seule chose me revient en tête : si je devais revivre tout cela pour avoir de nouveau ce petit corps chaud contre moi, alors je le referais encore et encore. Nous avons fait deux heures de peau à peau après la naissance ainsi que la tétée de bienvenue. Je croyais savoir ce qu’était l’amour mais ça, c’était avant de rencontrer ma fille. Il n y a pas de mots assez fort pour décrire ce sentiment incroyable dans l’acte de devenir une mère.

MILA, 53,5 CM, 3KG670

Bilan de mon accouchement : Pas d’episio, une minuscule déchirure (seulement 1 point), un périnée intact. Toute l’équipe m’a félicité pour mon self control et mon calme pendant toute la durée du travail. Même les autres sages femmes que j’ai vu pendant mon séjour m’en ont parlé. Si je ne pouvais vous donner qu’un conseil, c’est de pratiquer la méditation autant que possible pendant votre grossesse. Cela vous aidera à contrôler votre mental et votre respiration pendant le travail. Pour moi, mon accouchement était juste parfait et j’en garde un souvenir incroyable qui sera gravé dans mon cœur à jamais.

 

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16 commentaires

  1. Bravo à toi et à ta fille pour ce super travail ! J’ai aussi fait de la méditation et de la sophro mais je t’avoue que j’ai quand même fini par faire ma gueularde ^^ Pour le reste, aussi bel accouchement sans episio ni déchirure. Encore félicitations !!

  2. Coucou! ton récit m’a donné les larmes aux yeux, il faut dire que mon accouchement est assez récent puisque j’ai accouché il y a 3 mois… J’ai réussi à bien gérer aussi pour ma part et j’ai été plus fière de moi mais mon travail a été assez rapide au final contrairement à toi. Je te souhaite plein de bonheur en tout cas! bises

  3. Accouchement de rêve ! Tu m’as mouillé les yeux 😉

    Pour ma part, arrivée de LaLutine à J+6 après déclenchement ( j’ai au moins évité la phase de maturation puisque je suis arrivée à 3cm à la maternité ). Mais impossible de la sortir malgré tous mes efforts ( silencieux pour moi aussi les efforts – j’ai pas crié une seule fois- sauf lors de la triple piqûre de péridurale où j’ai hurlééééé comme une louve enragée )
    Arrivée à la maternité à 9h, j’ai finalement accouché le lendemain matin à 2h par césarienne en urgence, malgré une dilatation complète ( j’ai bossé pour rieeeen, déception !!! ).
    Et quand j’ai pu enfin prendre LaLutine contre moi ( 10 heures après ), j’étais sur un nuage.

    1. Oh noooon ! Elle ne descendait pas laLutine ? J’avoue tant d’efforts pour une cesa on doit être déçue mais on oublie tout une fois qu’on a notre bébé ❤️

      1. Elle ne descendait pas assez, et apparemment ma physionomie ne permettait pas sa sortie en regard de ses mensurations généreuses 😉 pour citer les deux gynécos de garde cette nuit-là « on est désolées madame mais même aux forceps, on n’y arrivera pas »
        Ca faisait deux mois que je réclamais un déclenchement en leur disant « je sens que ma fille est costaud, HELP ! » et jusqu’à J+6 on m’a assuré qu’elle ne ferait pas plus de 3.5kg à la sortie..
        Résultat : césa en urgence + paupiette de 4.3kg pour 53 cm.

        Moi j’ai surtout pas oublié cette déception avec le recul, et les suites de couche compliquées ( ils m’avaient percé la poche des eaux beaucoup trop tôt, du coup j’ai fait une endométrite – entre autres galères ). Tu comprends mieux quand je dis que tu as eu un accouchement de rêve ? LOL

        Pour le second, je mettrais toutes les chances de mon côté pour un accouchement par voie basse. même si on me demande de faire du trapèze ou du trampoline 2 heures par jour, je FAIS. ^-^

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